
Depuis beau temps, les plus de 11’000 habitants d’Aigle attendent un centre-ville attractif avec en son cœur une place digne de ce nom. La précédente tentative municipale a été balayée le 7 avril dernier par votation populaire, car notamment jugée trop coûteuse.
Après moults consultations avec différents acteurs actifs dans le chef-lieu du district, l’Exécutif vient de revenir à la charge avec un dessein moins conséquent. Il englobe l’Hôtel de Ville, entièrement rénové, la place du Marché, les artères Chevron, Chamossaire, Ormonts, Plantour et Colomb. Le tout pour une enveloppe de 8,6 millions de francs.
À l’issue de la consultation publique de 30 jours qui s’est achevée lundi, le plan n’a pas satisfait tout le monde. Seize habitants se sont opposés à cette nouvelle métamorphose. Beaucoup ont signé un texte commun, mais sous envoi individuel. Parmi eux, plusieurs conseillers communaux représentants de l’Entente aiglonne et de l’UDC.
« Déni de démocratie »
Sur le fond, la fronde porte sur un présumé «déni de démocratie et de mépris de la volonté populaire». Les opposants considèrent que le projet «réintroduit» est «quasi le même» que celui rejeté par la majorité des votants il y a moins d’un an. Dans le détail, la mise en zone 30 km/h de la route cantonale est qualifiée de «contraire aux normes en vigueur». L’aménagement d’une zone arborisée à l’un des angles de la place présenterait «un danger potentiel pour la sécurité», dû à une estimée réduction de «la visibilité pour les conducteurs».
À cela s’ajoute le pavage de la place du Marché qui suscite à nouveau l’ire des opposants. Il est jugé «coûteux, difficile à entretenir, constitutif d’obstacles pour les usagers, moins agréable pour les personnes âgées et handicapées». Stéphane Tille, apiculteur et élu, conteste, lui, l’abattage de dix tilleuls, arbres emblématiques qui contribuent «à la production de miel et à la biodiversité de la région».
Propriétaire et administrateur d’une gérance sise sur le pourtour de la place du Marché, Patrice Badan, également conseiller communal, pointe un impact négatif sur l’accessibilité aux locaux commerciaux. La fermeture d’accès véhicules et la suppression de places de parc sont aussi fustigées, comme chez la majorité des contradicteurs.
A contrario, par la voix de Romain Pilloud, l’Association transports et environnement – plutôt favorable dans l’ensemble – s’inquiète notamment que le nombre de places de parc à proximité favorise «l’augmentation du trafic et des bouchons».
