
Le mur de soutènement, ainsi que la promenade du Caux Palace se détériorent, compromettant la solidité de l’édifice. |A. Giovannelli
Surplombant le Léman, cet ancien plus grand hôtel de Suisse, inauguré en 1902, fut l’un des joyaux de la Belle Époque. Il est aujourd’hui un lieu d’accueil dédié à la promotion de la paix, sous la houlette de la Fondation Caux Initiatives et Changement. Mais le poids des décennies a laissé des marques: fissures, envahissement de la végétation, détérioration de la maçonnerie et effritement du béton menacent désormais l’intégrité de l’édifice.
Si de nombreux travaux sont à prévoir sur la prochaine décennie, la priorité immédiate porte sur les trois prochaines années, avec la restauration du mur de soutènement, socle de 400 mètres de long avec 40 arches en pierre. La promenade en porte-à-faux sera également remise en état avec un béton «d’une finesse comparable à celui d’origine, mais avec les performances d’aujourd’hui», souligne Aleksis Dind, architecte en charge du projet.
Outre ces éléments structurels, les barrières en ferronnerie seront restaurées, les lampadaires restitués et les jardins réaménagés. «C’est le bâtiment de tous les superlatifs, et malgré l’absence de travaux majeurs depuis plus d’un siècle, il est remarquablement bien conservé», ajoute Aleksis Dind.
Sous haute vigilance
Classé bien culturel d’importance nationale par le Canton, il est en voie de devenir monument historique de catégorie 1, au même titre que le Château de Chillon. Il s’agit donc de le restaurer dans le respect absolu de sa structure d’origine et de son patrimoine. À cette fin, le chef de projet collabore étroitement avec la Division monuments et sites (DGIP), ainsi qu’avec le bureau d’ingénierie Kälin & Associés, reconnu pour ses interventions sur la cathédrale de Lausanne.
«Aucun changement visuel marquant ne sera effectué», assure l’architecte. Quant à Jacqueline Coté, présidente de la fondation, elle se réjouit que l’édifice «retrouve son éclat d’antan». Estimé à 3 millions de francs, le coût des travaux sera en partie couvert par un appel de fonds lancé par la fondation.
