
Il aura fallu environ 65 heures de travail à l’artiste pour parvenir au résultat final. Plutôt réussi, non? | GerhardPetzl.com
On aurait pu tenter de le cacher le week-end dernier, avec les autres œufs, dans l’herbe ou derrière un arbre. Mais avec son mètre de haut et ses 70 cm de large, il n’aurait pas tenu une seconde avant d’être repéré. Sans compter qu’avant ça, ses 32 kilos auraient eu raison de nos lombaires. Ce n’est du reste pas pour rien que son concepteur Gerhard Petzl a fait le choix de le déplacer à l’aide d’un chariot lorsqu’il est allé prendre la photo ci-dessous aux abords du Château de La Tour-de-Peilz.
«Les gens m’ont souri quand ils m’ont vu passer dans la rue», s’amuse encore cet artiste plasticien d’origine autrichienne, qui façonne tant le bronze, l’aluminium, que la pierre ou le bois. Et sans oublier bien sûr, le chocolat. C’est d’ailleurs en travaillant et en sculptant cette matière qu’il s’est illustré à l’international au cours des dernières décennies, brillant dans de nombreuses compétitions.
Parmi ses hauts faits, on citera la réalisation d’une chambre complète en chocolat – une tonne et demie – pour un musée de Halle en Allemagne en 2017. Ou la construction, à Hong Kong, d’une table de banquet de cinq mètres de long entièrement comestible, chandeliers compris. Plus proche de chez nous, on lui doit aussi la création d’un cœur chocolaté de 200 kilos à la Maison Cailler de Broc, à l’occasion du bicentenaire de la célèbre enseigne en 2019.
À faire livrer en Océanie
Le superlatif, il adore. Et c’est dans une autre aventure que le quinquagénaire s’est vu entraîner ces dernières semaines. «J’ai reçu une demande d’un client australien qui souhaitait un œuf en chocolat XXL», explique le Boéland d’adoption. «J’ai proposé un œuf uniquement décoratif, nappé de chocolat à l’extérieur, mais non comestible à l’intérieur. Car l’expédition vers l’Australie est très risquée en termes de casse ou de dommages.»
Alors qu’il planche sur le graphisme, Gerhard Petzl reçoit une nouvelle requête: son client demande que l’œuvre soit envoyée directement en Nouvelle-Zélande. «Étant donné que ce pays possède l’une des législations douanières les plus strictes au monde en matière d’importation, il m’était impossible de faire livrer cet œuf dans le délai imparti», relate-t-il. Le sculpteur abandonne donc l’idée d’utiliser du chocolat et se lance le défi de recréer le délicieux matériau à l’identique.
Du faux plus vrai que nature
Pas de sucre donc, ni de pâte de cacao. Mais du papier, du plâtre, de la résine acrylique et du silicone. «C’est un travail qui fait tout de même appel à toutes les techniques de décoration et le savoir-faire d’un chocolatier, souligne l’artisan. Même en cours de fabrication, on aurait dit du chocolat! Pour les Smarties, j’ai fabriqué des boutons en résine plus grands et multicolores.» Il aura fallu quelque 65 heures de labeur à l’artiste pour venir à bout de l’œuf géant.
Et le résultat est plutôt bluffant. Avec un atout de taille: l’œuf ne disparaîtra pas de sitôt. «C’est une œuvre qui durera sans aucun doute de nombreuses années et résistera même au soleil et à l’humidité, souligne Gerhard Petzl. Et puis de cette manière, il n’y a pas de gaspillage alimentaire.» Après tout, au sortir des fêtes de Pâques, il vaut peut-être mieux ne régaler que nos yeux. Pour ce qui est des papilles, on va encore attendre un peu…
1973
Naissance à Graz, en Autriche.
1994
Diplôme de confiserie et pâtisserie.
2000 Médaille d’or aux Culinary Olympics de Berlin avec l’équipe nationale de Singapour pour la «Meilleure oeuvre en chocolat».
2005
Formation en art et design en Autriche, option «sculpture».
2014
Engagé comme confiseur au Chocolate Centre of Excellence de Nestlé à Broc. Il y travaillera jusqu’en 2018.
