La méga STEP en eaux trouble

Les STEP actuelles du SIGE à Vevey, Roche et Clarens arrivent à saturation et ne sont pas conformes aux nouvelles normes concernant les micropolluants et l’azote.  | C. Dervey

Noville
Les récentes analyses du site Pré-des-Fourches, convoité pour une station d’épuration régionale, ont révélé une pollution élevée, pour un assainissement estimé à 60 millions. Une pétition de l’UDC ne fait pas le poids pour contrer ce projet à 400 millions.

Le terrain Pré-des-Fourches à Noville s’avère bien plus pollué qu’anticipé, selon les dernières analyses. Cette nouvelle a été annoncée par la conseillère communale Véronique Ansermet lors de la dernière séance du Conseil communal de La Tour-de-Peilz, mercredi dernier. Le Service intercommunal de gestion de la Riviera (SIGE) prévoit depuis de nombreuses années de transformer ce site en une station d’épuration régionale qui traiterait les eaux usées de toute la Riviera et du Haut-Lac. 

Après 18 mois d’analyses, des taux de pollution élevés ont été détectés, obligeant le SIGE à lancer des opérations de dépollution complexes, en raison de la diversité des polluants présents – dont des polluants éternels (PFAs) – et de la présence de deux nappes phréatiques. L’assainissement est estimé à plus de 60 millions de francs.

Ce projet d’envergure vise à regrouper et moderniser le traitement des eaux, alors que les STEP actuelles de Vevey, Roche et Clarens sont proches de la saturation et non conformes aux nouvelles normes, plus strictes en matière de traitement des micropolluants et de l’azote. Caleb Walther, président du SIGE, souligne la nécessité de ce projet face aux projections démographiques cantonales.

Pour la Commune de Montreux, propriétaire du terrain, ces nouvelles données environnementales sont une mauvaise nouvelle, car elles entraînent une dépréciation de sa valeur, nécessitant une renégociation du prix de vente au SIGE. Pour l’heure, le service intercommunal se doit de trouver les financements nécessaires, afin d’aller de l’avant avec ce projet.

Une pétition pour saborder le projet

L’année dernière, l’UDC Villeneuve et environs a lancé une pétition intitulée «Non à une méga STEP régionale sous notre nez». Pour ses initiateurs, le projet est absurde. «Ils veulent construire un pipeline sous le lac pour transporter les eaux usées jusqu’à Noville, grâce à des pompes. C’est une aberration, tant du point de vue énergétique que logique», critique Dylan Karlen, le pétitionnaire président de UDC Chablais. 

Selon eux, le projet est largement passé inaperçu auprès de la population. Nombre de citoyens les ont remerciés pour leur initiative, les qualifiant de «lanceurs d’alerte». La pétition a recueilli plus de 300 signatures.

Remise au Conseil intercommunal, elle a conduit à une rencontre, le lundi 12 mai, réunissant pétitionnaires, représentants du SIGE et élus. Le verdict final est attendu début juin, mais Dylan Karlen avoue ne pas se faire trop d’illusions quant à son issue. En cas de rejet, l’UDC envisage de miser sur les oppositions au moment de la mise à l’enquête publique.