Premiers Mondiaux de gravel pour Christian Burnier 

Parmi plus de 600 coureurs participant à ce championnat mondial, Christian Burnier a réussi à se hisser dans le premier tiers.  | DR

Cyclisme
Présent au départ ce dimanche, le Blonaysan a couru parmi les as du peloton mondial. Loin du podium, il se dit toutefois satisfait de sa performance.

Conseiller de vente chez  Stöckli skis à Saint-Légier, Christian Burnier cultive deux hobbies. Côté musique, il ambiance toute la Suisse romande comme DJ. Côté sport, c’est à vélo qu’il s’éclate. Après avoir été un grand espoir du cyclocross à l’adolescence, il s’est désormais tourné vers une discipline encore peu connue, mais en plein essor: le gravel. Et le Vaudois le pratique à un haut niveau. 

Le week-end dernier, il a pris part à ses premiers Mondiaux dans le Limbourg hollandais. Il s’agissait de la quatrième édition organisée sous l’égide du Centre Mondial du Cyclisme (UCI). Son billet, il l’a décroché quelques mois plus tôt, en se hissant dans les 20 premiers à la Wish One Gravel à Millau, une course internationale française au mois de juin.  

Aux Pays-Bas, le coureur blonaysan a mis 5h20 pour avaler les 181 kilomètres d’un parcours exigeant et truffé de pièges. Une performance qui lui a valu la 204e place sur les 620 coureurs internationaux. Une belle satisfaction. 

«Je ne savais pas à quoi m’attendre, car je n’avais aucune idée du véritable niveau que j’avais. Même si cela a été dur, tout s’est bien passé. Il y a eu de gros bouchons au moment d’emprunter les sentiers à proprement dit. Le parcours comportait pas mal de bosses, petites, mais raides.»  

Une course parmi des étoiles

Christian Burnier a franchi la ligne d’arrivée à Maastricht avec un retard d’une quarantaine de minutes sur le vainqueur, le Belge Florian Vermeersch, enfin couronné après avoir été vice-champion du monde lors des deux dernières éditions. En cyclisme sur route, ce coureur de 26 ans fait partie de l’équipe UAE Emirates, où il est au service d’un certain Tadej Pogacar, le «cannibale» qui survole le cyclisme actuel. D’autres stars bien connues du peloton ont pris part à ce Mondial de gravel, comme le Français Romain Bardet, deux fois sur le podium final du Tour de France ou l’Anglais Tom Pidcock, double champion olympique de VTT et vainqueur en 2024 de l’Amstel Gold Race. 

Après avoir disputé samedi 11 octobre le Tour de Lombardie, Tom Pidcock a voyagé une bonne partie de la nuit pour être au départ. «Je pense que le gravel constitue une sorte de bouffée d’oxygène pour ces coureurs pros. Ça les change des épreuves sur route», relève Christian Burnier. Champion du monde en titre, Mathieu Van der Poel, triple vainqueur de Paris-Roubaix, était absent des sentiers néerlandais.

Mixer routes et platines

Après avoir été champion junior romand de cyclocross, Christian Burnier a choisi de ranger son vélo au placard alors qu’il avait 19 ans à peine pour profiter pleinement de sa jeunesse. «J’ai fait la fête, j’ai été très actif comme DJ. Côté sport, je me suis longtemps contenté de m’entretenir au fitness.» 

Il n’a recommencé à rouler qu’une dizaine d’années plus tard, en se fixant comme objectif de disputer un Ironman, cet infernal enchaînement de 3,8 km de natation, 180 km à vélo, suivi d’un marathon. Pari réussi à Hambourg en juin 2024, au bout de plus de 10 heures d’effort. «J’avais à peine plus d’une année d’entraînement. Le lendemain, je n’arrivais plus à marcher!»  

En 2029, les Mondiaux de gravel pourraient avoir lieu à Villars-sur-Ollon, candidate à l’organisation. Sur son vélo ou alors à sa table de mixage, on y retrouvera sûrement le champion éclectique de Blonay. 

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