
Le Bellerin est un habitué de la marche à pied. Après Canterbury et Saint-Jacques de Compostelle, Michel «Mimi» Marquis s’apprête à avaler 630 kilomètres, soit la distance entre Nice et Saint-Gingolph, avec une dernière étape jusqu’à Bex. | K. Di Matteo
Il ne s’arrête jamais «Mimi»! Le plus Franc-Comtois des Bellerins, Michel Marquis, va repartir pour une «balade» dont il a le secret. Après les 2’050 km de 2016 jusqu’à Compostelle parcourus en 68 jours et les 2’280 bornes de 2022 entre Canterbury et Rome, qui avaient mis ses pieds en compote sur la Via Francigena, l’accro à la marche prépare son sac pour les 630 km du GR5 le 29 juin, entre Nice et Saint-Gingolph, avec une dernière étape jusqu’à Bex le 31 juillet.
«Avant d’attaquer mon parcours avec la Vallée des Merveilles, je me laisserai deux jours pour visiter Nice et me recueillir sur le lieu de l’attentat de 2016 (ndlr: un camion fou avait tué 86 personnes et fait 458 blessés le jour de la Fête nationale du 14 juillet).»
Une curiosité: pourquoi rejoindre Nice en train le 27 juin et faire le parcours dans le sens France-Suisse? «Pour être accueilli par mes amis à l’arrivée, explique-t-il. Cela se passera au Café des Reines, le bistrot dans la nouvelle Coop, qui m’a toujours soutenu et qui prévoit même de fermer plus tard pour me recevoir! Une deuxième raison me motive à partir de Nice: je ne veux pas croiser les mêmes personnes tout le temps. Sur 100 marcheurs du GR5, y en a 98 qui <descendent> pour deux qui <montent>.»
«Je n’aime pas l’eau, alors…»
Mais qu’est-ce qui le pousse donc à avaler les milliers de mètres de dénivelé chaque mois et à se lancer ces défis un peu fous? «Je marche depuis gamin, répond simplement le jovial senior. Je n’ai jamais appris à nager, je panique avec de l’eau à la taille, mais je marche! Et j’aime la montagne. Et puis il faut s’entraîner pour garder le rythme: sur mes 35 jours du GR5, je dois assurer 260 mètres positifs à l’heure si je veux tenir le cap. Toutes mes nuits sont réservées, je suis attendu dans une vingtaine de refuges, et quelques hôtels quand même, pour un peu de confort et faire ma lessive, je pars léger, 10 kg max.»
Il n’y a d’ailleurs pas que les jambes qui fonctionnent bien. Michel Marquis a son programme en tête au kilomètre et jour près, même s’il jette parfois un petit coup d’œil dans le cahier où il a minutieusement compilé tout son itinéraire. «Je l’ai aussi sur une application, c’est pratique ces téléphones, notamment pour les dénivelés. Et pas besoin de m’embarrasser d’un appareil photo, ça marche très bien ces smartphones!»
Nicole et les potes
Comme lors de ses deux précédentes entreprises, Michel Marquis ne voyagera pas vraiment seul. Nicole, son épouse gravement malade, sera toujours un peu avec lui, d’autant que les appels entre les deux amoureux seront quotidiens. «Je serais même parti avant si elle était en bonne santé. Je suis très reconnaissant envers le CMS qui prendra le relais en mon absence. Je partirai la tête tranquille.»
Michel aura également une pensée pour ses amis qui l’ont soutenu ou délié un brin les cordons de leur bourse. «Merci à Christine qui m’a payé le train et une nuit d’hôtel, aux deux Marc, Gérard, et tous les autres…»
Un coup pour la route
Et si ça ne suffit pas à alléger les jours plus difficiles, il pourra s’appuyer sur son bâton fétiche à l’effigie de Saint-Jacques de Compostelle (mais sans le bout qu’on lui avait confisqué au Vatican, sous prétexte qu’il pouvait faire office d’arme…). «Je l’ai même transformé en bâton <Saint-Bernard>, j’y ai accroché une bouteille», rigole-t-il. Avec quoi prévoit-il de remplir la flasque encore vide? «Au début, de la gentiane. Après, en Haute-Savoie, à voir si je n’y mettrai pas du génépi.»
