

Personnage incontournable du foot romand, Yves Débonnaire a joué avec Vevey en LNA à la grande époque et à 69 ans, toujours aussi passionné, il vivra son dernier Mondial comme consultant à la RTS. «Il y a bien un moment où il faut dire stop. J’espère qu’il y aura des grands matches, du suspense, que le jeu l’emportera sur l’enjeu, pas comme lors de la dernière finale de la Champions League.» Le Boéland est optimiste pour la Suisse. «Une équipe qui a une belle unité, un vrai fond de jeu, qui sait ce qu’elle doit faire. C’est clairement la favorite de son groupe et elle devra l’assumer. Elle possède notamment des attaquants comme Ndoye et Embolo qui pèsent sur les défenses.» En dehors des joueurs d’expérience présents depuis plusieurs grandes compétitions, Yves Débonnaire estime que l’apport des nouveaux venus est primordial, à l’instar du Genevois Johan Manzambi (20 ans). «Il a réussi une super saison en Bundesliga, je pense aussi à Amdouni et à Muheim, le latéral gauche de Hambourg. Toute équipe a besoin d’être revitalisée. Même le PSG – qui a pourtant gagné – convoite de nouveaux joueurs.» La Nati, elle, pourra compter sur un Granit Xhaka au sommet de son art, toujours là pour remobiliser l’équipe au moindre relâchement. «Après le nul contre l’Australie ce week-end, il est monté au créneau pour stigmatiser le manque d’intensité des entraînements, tout lui. Granit est l’un des meilleurs numéros 6 du monde, qui, sur le terrain, fait vivre les autres, donne du rythme.» Les favoris du consultant? «L’Espagne, la France, le Portugal et son fabuleux milieu de terrain, l’Argentine aussi qui sait mordre quand il le faut.» Et de souligner un élément important de ce Mondial: la chaleur. «Lors des matches programmés à 15h, il pourra faire jusqu’à 40 degrés. Il faudra savoir gérer cela.»

Citoyen de Troistorrents, Claude Mariétan a tout fait ou presque dans sa carrière. Joueur à Servette notamment, coach de Monthey, il a aussi connu une belle expérience en Afrique comme entraîneur-assistant de la Côte d’Ivoire de 2006 à 2009 avec un certain Didier Drogba. Selon lui, la Suisse peut aller loin dans ce tournoi. «Elle a engrangé beaucoup de confiance grâce à son quart de finale du dernier Euro et possède un gros potentiel offensif avec Ndoye et Manzambi notamment.» Xhaka, selon lui, sera d’autant plus motivé qu’il disputera sans doute à 33 ans son dernier Mondial. «Comparé à sa période un moment à Arsenal, il a acquis beaucoup d’expérience, de calme. C’est un leader respecté par tous ses coéquipiers et qui échange beaucoup avec Yakin.» Resté attaché au continent africain, est-ce que le Chorgue pense que l’heure de l’un de ses représentants est enfin venue? Le Maroc qui a atteint les demi-finales en 2022 pourrait-il aller jusqu’au bout? «Ce football ne cesse de se rapprocher des meilleurs.» Et de citer pour exemple les Ivoiriens, vainqueurs des Français en match amical le 4 juin dernier. «Ils les ont bousculés à tous les niveaux: engagement, possession de balle, transitions... Croyez-moi, les Bleus n’auront pas la partie facile face au Sénégal, leur premier adversaire.» Son favori pour le titre? «L’Espagne, mature et très équilibrée.»

4e de 1re ligue, Monthey a réussi une belle saison grâce notamment aux 12 buts (toutes compétitions confondues) de son inamovible avant-centre, Kevin Derivaz. Quand on lui demande quel est son attaquant préféré au sein de la Nati, il cite Embolo sans hésiter. «Puissant, athlétique, très efficace devant le but, un peu comme moi… mais à un autre niveau.» Franchir le premier tour ne devrait pas poser de problème à la Suisse, selon lui. «En cas d’échec, Yakin n’y survivrait pas.» La force de l’équipe, à ses yeux, réside dans sa continuité. «Des joueurs qui se connaissent parfaitement pour avoir disputé de nombreux grands événements ensemble.» Il voit Manzambi comme une des révélations possibles du tournoi. «Si à son âge autant de grands clubs le suivent, c’est qu’il possède de grandes qualités.» Et le joueur montheysan de souligner, lui aussi, le rôle crucial de Xhaka. «Le chef d’orchestre, un leader par la voix et l’attitude, sur le terrain comme dans le vestiaire. Avec un capitaine comme lui, vous ne pouvez jamais vous relâcher dans un match.» Le cœur de Kevin Derivaz, brésilien par sa mère, bat aussi pour la Seleção, cinq fois championne du monde, mais si décevante lors des dernières éditions. Et une fois de plus, il peine à y croire. «Les belles individualités ne manquent pas, mais même Ancelotti n’a pas réussi à en faire un vrai groupe.» Il est en revanche très content de la sélection, contestée, de Neymar. «Un magicien, le seul de la Seleção à posséder un vrai ADN de Brésilien, capable par sa fantaisie de gestes que personne d’autre ne sait faire.» Son favori? «Le Portugal avec son milieu de terrain sans égal: Vitinha, Neves et Bruno Fernandes.»
