L’art, ce patrimoine pour les communes

Le municipal socialiste Guillaume Sonnati, chargé de la culture à Monthey, devant une œuvre du sculpteur montheysan Faro. À l’arrière-plan, la Casa Nova, qui devrait jouer un rôle dans la mise en valeur du patrimoine artistique de la commune.   | P. Genet

Recensement
Monthey s’apprête à lancer l’inventaire de son patrimoine artistique. Aigle, elle, a déjà fait ce travail. Coup de projecteur sur les manières de travailler la question.

Il fait frais sur Monthey, ce lundi matin. Guillaume Sonnati tombe pourtant la veste avant de prendre place aux côtés de la sculpture de Faro qui orne le rond-point du Cotterg, dévoilant une chemise blanche éclatante. C’est que la question du patrimoine artistique montheysan lui tient particulièrement à cœur, à lui qui en juin 2024 – il était alors conseiller général – déposait pour le Parti socialiste-Gauche citoyenne un postulat demandant un recensement et des mesures de valorisation de ces œuvres – tableaux, sculptures notamment – accumulées «auprès d’artistes de la région, voire d’un peu plus loin». 

Clin d’œil de l’histoire: entre-temps Guillaume Sonnati est élu à la Municipalité, reprend le dicastère de la culture… et en septembre dernier répond lui-même – par la positive – au postulat défendu ce soir-là par son collègue de parti Clément Borgeaud. «Le travail de recensement, qui sera confié à un historien de l’art, devrait être lancé début 2026, espère l’élu. Entre les œuvres immobiles, sur les ronds-points ou dans les parcs publics par exemple, et les œuvres mobiles présentes dans différents bâtiments communaux, ce travail de recensement représente quelques mois de travail.» 

Intégré dans une base de données publiques, ce patrimoine sera ensuite à la disposition du Service montheysan de la culture, «afin d’être notamment utilisé à des fins pédagogiques, explique Guillaume Sonnati. On aimerait ainsi que la Casa Nova devienne un lieu d’exposition permanent, où l’on met en place un tournus des œuvres et des présentations régulières pour les différents publics, dont les écoles». Un patrimoine qui s’étoffe désormais régulièrement par le biais d’accords avec les artistes soutenus par la Commune, celle-ci n’ayant, de l’aveu de son municipal de tutelle, «pas de budget spécifique pour l’achat d’œuvres».

Discrétion sur la valeur

Autre son de cloche, autre manière de procéder du côté d’Aigle, où Stéphane Montangero chiffre à 30’000 francs le budget annuel dévolu à l’acquisition d’œuvres. «Par ailleurs, lorsque nous programmons un ou une artiste à l’Espace Graffenried, nous nous engageons à lui acheter une œuvre, pour autant que le prix entre dans le barême», complète le municipal aiglon chargé de la culture et du patrimoine. Un montant qui, selon l’élu, «permet d’acquérir les pièces d’artistes émergents, ainsi qu’une à trois œuvres à prix raisonnable». 

Le travail de recensement dans lequel se lance son homologue montheysan, la Commune d’Aigle, elle, l’a déjà fait. «Nous avons un peu plus de 200 œuvres recensées dans notre catalogue, chiffre Stéphane Montangero, qui rappelle que la Fondation pour l’art et la culture avait justement été créée, voici quelques années, dans le but de mettre en valeur le patrimoine de la commune. «L’ensemble des œuvres continue d’appartenir à la Ville d’Aigle, mais la fondation peut les utiliser pour des expositions ou autres événements.» De part ou d’autre, par contre, impossible de savoir à combien se chiffre ce patrimoine, Monthey ne le connaissant, de fait, pas encore, et Stéphane Montangero préférant se montrer discret sur la question.