L’âme du Lausanne-Sport incarnée par Olivier Custodio

Olivier Custodio a passé son enfance avec ses deux frères à la rue Industrielle, au centre de Montreux, sur cette Riviera qu’il considère «comme la plus belle région de Suisse». | m.x_d.x

Football
Reprise du championnat ce mercredi 12 janvier à Genève, lors du derby contre Servette. À cette occasion, portrait de son capitaine montreusien, aussi calme que charismatique.

Ancien junior et fan du club, Olivier Custodio (30 ans) est un joueur déroutant et bourré de talent, mais qui a alterné le meilleur et le pire durant la première partie de la saison. Si les hommes de Peter Zeidler ont réussi l’exploit d’éliminer le Besiktas Istanbul en Conference League, d’étriller Bâle (5-1) et Young Boys (5-0), les favoris du championnat suisse, ils ont aussi subi d’humiliants camouflets, comme ce 0-4 contre Lucerne juste avant Noël. «Parfois, on est passés à côté et c’est dur à expliquer, reconnaît Olivier Custodio. Comme on a joué tous les trois jours, il y a peut-être eu une certaine usure. Notre équipe est très jeune, d’où peut-être ces coups de mou.» 

Cette soirée du 14 janvier, le LS, actuel 9e du classement, disputera un match très important contre Servette au stade de La Praille. L’objectif à terme est de se hisser dans le top six, synonyme de tour final pour le titre. Pour l’heure, les Vaudois comptent six points de retard sur Sion, le sixième du classement. «Le championnat est encore long, tout reste possible», relève le capitaine. Cela d’autant plus que jusqu’ici, aucune hiérarchie claire ne se dégage en Super League, comme en témoigne l’étonnant leader Thoune, le néo-promu. «Par rapport aux dernières saisons où on connaissait parfois le futur champion à Noël, c’est un championnat très homogène. On ne va pas s’en plaindre.»

Autorité naturelle 

Avec plus de 250 matches disputés en Super League, Olivier Custodio est considéré comme un grand frère par ses jeunes coéquipiers. «Ils ont envie d’apprendre, posent beaucoup de questions aux plus vieux comme moi», sourit-il. Selon le vice-président du club Vincent Steinmann, le rôle de Custodio est d’autant plus important que la majorité des joueurs du LS proviennent des quatre coins du monde. «Au milieu d’eux, avec leurs langues et leurs cultures différentes, Olivier constitue un point d’ancrage. C’est un dirigeant naturel qui s’impose avec beaucoup d’humilité et sait toujours trouver les mots justes.» 

Un avis partagé par Guillaume Katz, chargé du marketing. «Quand il parle, Olivier est très écouté. Il prend toujours ses responsabilités, communique beaucoup sur le terrain en vrai chef d’équipe.» Dans un monde du football où les joueurs changent sans cesse de club en perdant leurs racines, il fait figure d’exception. Même s’il a joué cinq saisons à Lucerne et Lugano, son cœur est toujours resté attaché à ce LS où il a fait ses gammes dès l’âge de 14 ans. «C’est un gars du coin, formé ici, un bel exemple pour nos jeunes du Team Vaud. Il prouve que tout est possible», relève son ancien coéquipier. Le Vaudois avait 18 ans quand il a fêté ses débuts avec la Une contre Thoune, «un souvenir à vie.»  

Un couteau suisse sur la pelouse

Sur le terrain, Olivier Custodio se distingue par sa polyvalence, aussi à l’aise au milieu du terrain – son poste de prédilection – qu’en défense, comme latéral. «En cas de blessure ou de suspension des titulaires, l’entraîneur sait que je peux dépanner à ces postes. Je n’ai jamais été un joueur qui ne pense qu’à soi, j’ai beaucoup progressé en regardant les autres», réagit-il. Avec en tête un certain Zidane, son idole. 

Après avoir remporté la Coupe avec Lugano en 2022, il a choisi de revenir au Lausanne-Sport, pourtant relégué en Challenge League, malgré d’autres propositions apparemment plus alléchantes, comme celle du FC Sion. «Quand Ludo Magnin m’a appelé, je n’ai pas hésité une seconde, c’était pour moi une manière de continuer mon histoire avec le LS. Le défi consistait à remonter immédiatement et à nous stabiliser au plus haut niveau, ce que nous avons réussi.» 

Selon Vincent Steinmann, on ne peut pas réduire Olivier Custodio à sa simple image de clubiste. «C’est avant tout un super talent, très en vue cette saison en Coupe d’Europe, un de ces joueurs qui portent une équipe.» 

La qualification surprise contre le Besiktas dans le chaudron d’Istanbul reste pour l’heure le moment le plus fort de la saison. «Après le nul à Lausanne, on y a cru et on l’a fait», se réjouit le capitaine. Autre exploit, la victoire contre la Fiorentina, grand nom du Calcio, dans un stade de la Tuilière en folie. «À chaque tacle, à chaque frappe, on se sentait poussés par le public, c’était beau, tout simplement.» Ce vendredi 16 janvier, le LS connaîtra son adversaire pour les barrages des huitièmes de finale. La belle aventure européenne continue.