Point Jazz a fait trembler les Mines

Le quintet Macadam Jazz Band a fait résonner les Mines de Sel de grooves cajuns, de blues et de swings.  | N. Desarzens

Bex
Pour sa deuxième édition, le festival a organisé six concerts de jazz les 13 et 14 mars aux quatre coins du village. Reportage en plein cœur des salines.

Après à peine quelques mètres parcourus dans les entrailles rocheuses que retentissent des envolées cuivrées d’une trompette et d’un saxophone. Aussitôt suivies de la rythmique d’un tuba et d’un banjo, sans oublier les percussions émanant du «washboard». Un accueil tonitruant, sur une parade de la Nouvelle-Orléans interprétée par le Macadam Jazz Band.

Pour cette deuxième édition, Point Jazz a investi les Mines de Sel de Bex vendredi dernier pour un concert atypique, après avoir proposé un voyage musical du New Point Jazz Quartet l’après-midi même à l’EMS Grande-Fontaine – un «grand succès» qui a fait swinguer les résidents, selon sa co-organisatrice.

«Ce festival doit beaucoup à mon père, qui est décédé le 14 février. Alors ce week-end, la musique résonne aussi pour lui», lançait Zoé Gallarotti en entame de soirée. Une édition particulièrement émouvante pour la Bellerine. «Mon papa est tombé malade l’été passé. Cet événement, c’était son idée. Il aurait dû être là pour ce week-end, mais la maladie l’a emporté avant.» Ce soir-là, le quintet a revisité les standards du répertoire, tout en y instillant des morceaux de blues et de charleston.

Une terre de jazz

Ce concert dans les Mines affichait presque complet, confirmant l’attrait du public pour un jazz ancré dans la tradition. Un festival qui a longtemps infusé dans l’esprit de la rédactrice en chef du Point Chablais avant de se concrétiser. Car l’origine du Point Jazz remonte à une série de concerts ayant rythmé le cœur de Bex il y a plus de 10 ans. «Nous avions couvert cette soirée mon père et moi, et il avait adoré le concept. C’est d’ailleurs lui qui m’a fait aimer le jazz.» En 2024, Bernard Gallarotti est alors jeune retraité, et sa fille décide de l’embarquer dans un projet musical, avec l’envie de répliquer le concept.

Pour cette édition 2026, Zoé Gallarotti a quelque peu réduit la voilure de l’événement. «Mon mari Christophe Saia et moi avons voulu faire plus simple et nous focaliser sur la musique», précise-t-elle. Car l’an passé, en plus de la musique figuraient aussi une table ronde interrogeant le rôle de la presse locale, ainsi qu’un concours d’écriture dans les écoles. Samedi dernier, quatre concerts ont ainsi investi des restaurants au cœur du village.

«Bex est une terre de jazz depuis les années 1960 déjà, grâce à Fernand Tinturier et son ensemble de musiciens, informait son syndic, Alberto Cherubini, présent ce soir-là dans les Mines. Point Jazz donne ainsi un nouvel élan à la scène régionale, même si le Montreux Jazz Festival nous fait un peu d’ombre.»

Une page se tourne

Fondatrice et rédactrice en chef du Point Chablais, Zoé Gallarotti s’apprête à entamer un nouveau chapitre. «Avec mon mari, nous souhaitons nous installer au Canada d’ici à l’année prochaine.» La Bellerine a donc décidé de ne plus gérer ce titre, après 18 ans passés à couvrir l’actualité de Bex et Aigle. «Des négociations sont en cours pour une reprise. En cas d’insuccès, le magazine disparaîtra, glisse-t-elle. Je suis contente, j’ai fait mon temps.» Une aventure rédactionnelle menée depuis ses débuts avec feu son papa, Bernard Gallarotti, photographe attitré du Point Chablais. «Nous avons fait beaucoup de reportages ensemble, dont plusieurs aux Mines de Sel. C’est un endroit qu’il adorait. La gestion du magazine est compliquée pour moi ces derniers temps. Tout me ramène à mon père.» Si Zoé Gallarotti est aujourd’hui sereine quant à la poursuite éditoriale ou non du Point Chablais, elle n’est pas prête à lâcher le festival de jazz. «Mon souhait serait que la Commission culturelle de Bex puisse reprendre l’événement.» On nous souffle qu’il faut attendre la fin des élections communales pour y voir un peu plus clair.

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