Une 16e Triennale sous le signe de Szilassy

Monique Keller (à g.) et Anne-Outram Mott ont fait du parc Szilassy le fil rouge de l’édition Bex & Arts 2026.  | K. Di Matteo

Bex & Arts
Dès ce samedi et jusqu’au 3 octobre 2026, la populaire exposition en plein air est de retour, avec pour fil rouge son propre écrin et le «Genius Loci».

On a coutume de dire que l’une des clés du succès de la Triennale Bex & Arts tient dans son splendide parc de Szilassy. Plus que jamais, ce parc, qui doit son nom à un noble hongrois, sera l’âme de l’événement lors de cette 16e édition: les deux commissaires Monique Keller et Anne-Outram Mott ont décidé d’en faire le fil rouge de l’exposition en plein air qui démarre ce samedi.

Intitulée «Génies du lieu», celle-ci a été pensée comme «une expérience esthétique, sensorielle et collective» et condense le résultat de l’immersion de 24 artistes dans cet écrin de nature de 8 hectares. À noter que, pour la première fois, le prix d’entrée sera laissé à la libre appréciation du visiteur.

Une réflexion avec le lieu

Monique Keller ne sera pas dépaysée par la thématique. L’ancienne journaliste est de longue date commissaire de «Lausanne Jardins», autre manifestation à l’extérieur qui parsème la capitale vaudoise d’œuvres végétales.

À Szilassy, elle a été particulièrement sensible à l’histoire du lieu et à l’inspiration de Lady Louisa Hope et de sa fille Elisabeth, venues de Londres dans les années 1830, pour le façonner au moment où la fascination pour l’alpinisme et le tourisme naissant font de Bex une porte vers les Alpes et une étape du Grand Tour parcouru en Europe par les élites. 

«On est en présence de forces, de strates, il y a une épaisseur dans ce lieu qu’on a envie de capter, explique-t-elle, afin de saisir les génies, cette notion de Genius Loci développée notamment par le théoricien Christian Norberg-Schulz. Nous avons voulu travailler avec ces forces.»

Les 24 artistes sélectionnés ont ainsi été amenés à «s’ancrer» dans le lieu, physiquement, via une visite, et en images, grâce au travail du photographe Cédric Widmer. Le résultat, pluridisciplinaire et protéiforme, se décline en 21 propositions, discutées, retravaillées, pour aboutir à des œuvres sonores, photographiques, dessinées, algorithmiques, en 3D, insolites (comme une alignée de vieux frigos ou une étonnante fontaine), à même le sol, voire carrément dans le sol. «Jusque dans les entrailles du parc, ajoute Anne-Outram Mott. On l’animalise, il devient un être vivant.»

«Bex & Arts est un résultat, mais ce qui nous intéresse, c’est le processus, la manière de créer les choses, poursuit-elle. C’était très important d’avoir une approche de proximité et de pertinence avec le thème, en suscitant, via la réflexion avec le lieu, une forme d’ouverture à des enjeux contemporains, une résonance avec le monde qui nous entoure, et éviter de proposer une exposition sous cloche qui se fasse plaisir à elle-même.» 

Médiation culturelle

En complément aux œuvres, Bex & Arts a prévu «des visites guidées, ateliers, rencontres avec les artistes, formats thématiques et dispositifs de découverte autonomes tout au long de l’été», dont un système d’audiodescription. La buvette du parc et son offre locale prolongeront l’expérience en mode gourmand. 

«Est-ce que ce sont les œuvres qui mettent en valeur le parc ou l’inverse?, interroge Monique Keller en conclusion. Quoi qu’il en soit, deux univers se rencontrent et c’est dans ce lien que quelque chose de très spécial émerge.» 

Plus d’infos:

www.bexarts.ch

«Bex & Arts 26, Génies du lieu», 30 mai au 3 octobre, mardi au dimanche (10h-18h30), Parc de Szilassy, rue du Signal 20A. Entrée: prix libre. Vernissage ces samedi et dimanche.

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