
Les ruines du donjon médiéval sont exclues du projet de rénovation. La fin des travaux du château est prévue pour 2029. | N. Desarzens
Nouveau jalon dans ce dossier d’importance patrimoniale et communale: avec trois refus et quatre abstentions, l’assemblée délibérante a très clairement choisi d’octroyer mercredi dernier 8,9 millions de francs aux autorités pour transformer et rénover le château.
Une victoire d’étape, car le dernier projet de rénovation de cet édifice construit au XIIe siècle avait clairement été rejeté le 28 novembre 2021, lors d’un référendum populaire spontané. Pour rappel, la population boélande avait alors refusé à 58% l’octroi d’un crédit de 10 millions de francs pour la rénovation de son château et l’aménagement d’un restaurant sur les ruines de l’ancien donjon.
Cette partie du projet, contestée notamment par l’Association Helvetia Nostra, a finalement été retirée de la version mise à l’enquête. Hormis les travaux d’entretien préventif et curatif en cours pour la conservation des vestiges du donjon médiéval, aucune autre intervention n’est prévue dans cette zone du château.
Déplacement du restaurant
Obstacle majeur de la mouture précédente, l’emplacement du restaurant a été revu. Ce projet de rénovation prévoit désormais de l’installer au rez-de-chaussée du corps de logis, avec une terrasse, en lieu et place de la tour médiévale. La commission ad hoc, présidée par la commission Gabriel Chervet (PLR), a transmis le vœu d’étudier un partenariat public-privé pour le futur restaurant.
La Maison du jardinier, quant à elle, accueillera une salle de réception à disposition de la population et du Musée suisse du jeu, qui occupe une partie de l’édifice depuis 1987.
Inquiétude formulée par le Législatif: la Commune peut-elle assumer cette dépense importante? «Nous pouvons amortir cette somme pour le château sans problème, a rassuré le municipal des finances , Jean-Pierre Schwab. Il y a eu peu d’investissements dans les années 2000 à 2010 et il est de notre devoir de rattraper ce retard.» Et de rappeler qu’avec un plafond d’endettement fixé à 100 millions de francs pour cette législature, la Ville a une certaine marge de manœuvre. «Nous sommes loin d’une situation catastrophique, a-t-il relativisé. À La Tour-de-Peilz, il y a toujours eu des excédents de recettes lors du bouclement des comptes.»
Terrasse saisonnière
Petite pierre d’achoppement soulevée en débat: la réalisation d’un édicule sur l’esplanade. Une proposition d’Anne-Marie Arnaud (hors parti) soumettait d’annuler la construction de cette cahute en bois, dont le but est de servir la terrasse sur l’esplanade durant la belle saison. La raison? Ne pas porter atteinte à la valeur patrimoniale du château.
Mais l’assemblée délibérante a finalement refusé à une très large majorité cet amendement. «Cet édicule ne sera pas collé au château, a précisé le municipal chargé des bâtiments Alessio Grutta. Nous avons reçu les autorisations du Service cantonal des monuments et sites de l’État de Vaud concernant cette mouture qui vous est soumise ce soir.»
Les premiers travaux devraient débuter avec la Maison du jardinier, dès le mois de mai de cette année. Le chantier concernant le corps de logis débutera dès cet automne, pour permettre de pouvoir célébrer les 40 ans du Musée suisse du jeu en grande pompe en 2027, avant une fermeture temporaire du Musée à l’automne 2028. Sa réouverture est prévue à la fin de l’année 2029. Ce qui doit coïncider avec la fin des travaux du château.
