
Le plan d’affectation du funiculaire est à l’enquête jusqu’au 12 juillet. Il constitue la première étape du vaste projet de mobilité «Leysin 365» qui doit notamment amener le train jusqu’au pied de la télécabine. Ici, l’image de synthèse présente l’entrée de la station Leysin-Centre. | AREP
«Cette discussion va permettre de remettre l’église au milieu du village et d’éviter tout malentendu», lance d’emblée Michel Paccaud, délégué à la mobilité et à l’urbanisme pour la Commune. Organisée par le parti politique de gauche Le Forum, le café-rencontre a réuni une trentaine de riverains ce dimanche 5 juillet – certains préoccupés, d’autres curieux – venus chercher des réponses, avant la fin de la mise à l’enquête du plan d’affectation du funiculaire (ndlr: fixée au 12 juillet).
«Nous recevions énormément de questions auxquelles il était difficile de répondre individuellement. Cette rencontre permet de regrouper les informations, explique Nicole Gremaud, conseillère communale au sein du Forum. Ce sujet est très émotionnel!» Si le dossier porte uniquement sur l’affectation du sol pour le funiculaire, le projet en lui-même, qui devra relier le centre du village au Feydey et notamment aux écoles internationales, sera mis à l’enquête au mois d’octobre.
Très vite, les questions ont été émises sur la pertinence de cette infrastructure conséquente. «Quel est le bien fondé de ce funiculaire? Pourquoi en construire deux qui desservent relativement peu d’habitants? Pourquoi ne pas avoir développé les bus?», s’interroge ainsi une riveraine. Selon Michel Paccaud, renforcer le réseau de bus n’aurait pas été plus avantageux. «L’acquisition de nouveaux bus coûterait tout autant.» Le responsable de la mobilité met également en avant les qualités énergétiques du futur ouvrage. «Le funiculaire serait autonome à environ 80%. En descendant, il produira de l’électricité et des panneaux solaires seront installés dessus.»
Cette liaison constitue la première étape du projet «Leysin 360», soit une transformation majeure du réseau de transport public développé par la Confédération, le Canton, la Commune et les Transports publics du Chablais (TPC). «Leysin 360» comprend également le prolongement souterrain de la ligne ferroviaire Aigle-Leysin depuis le village jusqu’au départ des télécabines de la Berneuse, qui sera à l’enquête l’an prochain. Le projet global a également comme priorité une mise en conformité des infrastructures avec les exigences fédérales en matière d’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite.
42 millions d’endettement
Parmi les principales préoccupations figure la situation financière de Leysin, qui affiche un endetement de 42 millions. Deux participants ont demandé davantage de transparence concernant les coûts communaux. «Quel est l’impact financier sur le budget communal? Ce chiffre doit être connu.» Le délégué n’a toutefois pas souhaité avancer de montant exact. «Je ne peux pas vous répondre actuellement, c’est encore en cours. Ce dernier sera révélé à la séance du Conseil du 24 septembre.» Michel Paccaud s’est montré rassurant. Il rappelle que les montants du funiculaire, estimés entre 10 et 15 millions, seront partagés entre le Canton et la Commune. Les Transports publics chablaisiens (TPC), construiront et deviendront propriétaire du funiculaire et la Commune versera des annuités d’amortissements, au lieu d’investir directement la moitié du budget. Quant au coût du train et du deuxième funiculaire – reliant le village à Versmont, il seront pris en charge par la Confédération (130 millions).
Dans la salle, des riverains anglophones s’interrogent sur les arbres qui devront être sacrifiés en vue du nouveau tracé. Le délégue a alors avancé qu’il n’y a pas d’essences protégées, mais qu’un plan sera mis à l’enquête avec la compensation de ceux-ci.
Si certains demeurent sceptiques, quelques voix se sont montrées enthousiastes. «Si chacun pense à sa petite personne, ça ne va pas avancer. C’est un super projet pour le futur. Il ne faut pas s’arrêter aux travaux pendant une année, mais voir à plus long terme, pour nos enfants ou petits-enfants», assure le conseiller communal PLR Lucas Tauxe. La prochaine échéance est fixée à la séance du Conseil le 24 septembre prochain.
