Nicolas Chambers ramera à nouveau aux Mondiaux U23

Il y a un peu plus d’une semaine, Nicolas Chambers et son équipe ont pris la 13e place de la Coupe du monde à Lucerne. | DR

Aviron
Le Boéland vient d’être sélectionné en équipe nationale suisse pour les championnats du monde pour la sixième année consécutive. Il s’alignera à la fin du mois en quatre de couple dans les eaux germaniques de Duisbourg.

À 21 ans, du haut de ses 1m94 pour 95 kilos, Nicolas Chambers est l’un, peut-être le plus grand, des espoirs de l’aviron suisse. Depuis plusieurs saisons, il enchaîne les podiums avec une régularité de métronome dans les plus grandes compétitions internationales.
En 2023, il s’est adjugé le bronze des Européens juniors disputés à Paris en deux sans barreur avec le Zougois Ivo Löpfe. L’année suivante, il s’est paré d’or aux Mondiaux U23 avec l’équipe suisse de quatre de couple en Turquie. Puis, en 2025, son émotion la plus forte jusqu’ici, il a décroché le bronze en deux sans barreur des Mondiaux U23 de Poznań accompagné par Séric Critchley, son meilleur ami dans la vie, coéquipier au Club Aviron Vevey. «On est complices depuis des années, on s’entend super bien, on partage tout», relève Nicolas Chambers. Et d’ajouter, en souriant: «Une médaille par année, c’est un bon rythme!»

Il espère enrichir sa collection lors des Mondiaux U23 fin juillet en Allemagne, à Duisbourg, cette fois-ci avec l’équipe suisse de quatre de couple. «On est confiants, on vise la victoire», lance-t-il. En guise de préparation, l’équipe a pris part à une étape de la Coupe du monde à Lucerne il y a un peu plus d’une semaine. Une première pour le Boéland chez les élites. Ils ont dû se contenter de la 13e place, mais avec des circonstances atténuantes: ils n’avaient pu s’entraîner qu’une semaine ensemble. «J’ai eu ici un avant-goût de ce qui m’attend la saison prochaine quand je passerai au plus haut niveau, relève-t-il. La concurrence est féroce entre les meilleurs, les Néo-Zélandais, les Américains notamment.»

Promesse olympique

Nicolas Chambers a commencé par jouer au rugby à Blonay, avant de se tourner vers l’aviron à 14 ans, dans le sillage de Bill, son papa, un inconditionnel de ce sport. «Il m’a toujours soutenu», témoigne le jeune talent. C’est sur le Léman qu’il s’est fixé son objectif ultime. Il espère participer un jour aux Jeux olympiques dans sa discipline, peut-être dans deux ans à Los Angeles. «À mes débuts à Vevey, comme j’étais un peu en surpoids, on me le faisait comprendre et ça m’énervait… Je me suis alors juré qu’un jour je deviendrai le meilleur. Je me suis fait cette promesse olympique à moi-même.»

Depuis, rien ni personne ne le fait dévier de cet objectif, qu’il touche du doigt aujourd’hui avec son binôme Séric Critchley. En début d’année, ils sont partis seuls tous les deux s’entraîner deux mois et demi en Australie avec l’un des meilleurs coachs du monde, Noel Donaldson. «C’était aussi pour échapper à l’hiver de chez nous, sourit Nicolas Chambers. Malheureusement Séric s’est fait mal au dos sur place, mais il devrait reprendre l’entraînement cet automne.»

Direction le lac de Sarnen

L’aviron est un sport exigeant, conjuguant endurance et puissance. «Contrairement à ce qu’on peut imaginer, ce sont les jambes plus que les bras qui poussent. Dans le quatre de couple, j’occupe la 3e position parmi les deux rameurs du milieu. Nous sommes en quelque sorte le moteur du bateau.»

Comme lui, la majorité des rameurs ont des physiques de colosses, 2m03 pour plus de 100 kilos par exemple pour l’Allemand Olivier Zeidler, champion olympique de skiff à Paris. «Plus on a de grands leviers et plus on est efficaces», explique le membre du Club Aviron Vevey. Les images des rameurs s’écroulant sur leur bateau à l’arrivée sont toujours impressionnantes. «L’aviron consiste en des sprints de six minutes sur deux kilomètres, des trucs de malade où la douleur est extrême. Tout brûle, le cœur, les poumons, on a mal partout, mais on doit rester lucide car il s’agit d’un sport très technique, poursuit Nicolas Chambers. Malgré ça, aujourd’hui je me sens bien dans mon corps.»

Pour l’heure, le jeune Vaudois s’entraîne deux fois par jour à Vevey et passe la majorité de ses week-ends sur le plan d’eau du Centre de l’aviron suisse, au lac de Sarnen (Obwald). Mais dès cet automne, lorsqu’il passera chez les élites, il s’installera sur place, comme la vingtaine des meilleurs rameurs du pays. «Ce sera une nouvelle vie pour moi. Quitter ce que j’ai ici me rend un peu triste, mais je dois passer par là, ça en vaut vraiment la peine. Je vais louer un appartement à Lucerne, peut-être avec Séric, s’il me rejoint dans cette aventure.»

Maturité en poche, Nicolas Chambers entamera parallèlement à son sport des études par correspondance à l’université. «Des grandes écoles américaines et anglaises recherchent des rameurs de haut niveau et je tenterai peut-être l’aventure plus tard», conclut-il.

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