Accusée de « manœuvre », une ancienne élue de Montreux Libre dépose plainte

Politique
Après la débandade estivale, les déboires se sont poursuivis pour la formation d’Emmanuel Gétaz. Depuis octobre, elle n’a plus sa place en commission.

Cette fin de législature aura décidément été houleuse pour Montreux Libre (ML). En perdant d’un seul coup quatre de ses élus qui ont claqué la porte pour «rupture de confiance» (voir édition 218, 3 septembre 2025), la formation d’Emmanuel Gétaz est passée de neuf à cinq représentants au Conseil communal. Depuis, sa présence a continué à s’effilocher dans une ambiance tendue.

Dans une lettre de décembre dernier adressée au Conseil communal, Rodica Rosu Fridez, ancienne membre de ML, indique avoir «déposé une plainte pour atteinte à l’honneur et à la réputation». L’élue – désormais libérale-radicale – réagissait à des propos tenus par Emmanuel Gétaz un mois plus tôt devant l’assemblée. Le 12 novembre, ce dernier lui a reproché d’avoir «manœuvré pour parvenir à siéger au Conseil communal au PLR». 

Pour comprendre, rembobinons encore de deux mois. Nous sommes à la séance de plénum du 3 septembre, Montreux Libre doit remplacer l’un de ses élus démissionnaires (qui avait quitté la Commune). Pour lui succéder, le parti présente Rodica Rosu Fridez. Cette dernière figurait parmi les «viennent-ensuite» de la liste Montreux Libre-Le Centre lors des élections de 2021. À l’origine, elle était membre du Centre et c’est en mai 2025 qu’elle a rejoint Montreux Libre.    

«Immédiatement après cette séance, elle nous a annoncé qu’elle démissionnait de notre parti pour rejoindre le PLR», raconte Yves-Laurent Kundert, président de Montreux Libre. «Vous n’acceptez pas d’être assermentée pour partir le soir-même! À nos yeux, c’est de l’opportunisme. Elle souhaitait siéger en tant que PLR et a profité de cette occasion.» L’affaire a été portée devant le préfet, avant que Montreux Libre n’abandonne la procédure. «Le but était de signaler le cas», dit son président.

«Intégration tout sauf sereine»  

Rodica Rosu Fridez, qui reste candidate pour le PLR en mars prochain, livre une autre version. «Ma décision de quitter le groupe Montreux Libre n’a jamais été le fruit d’une quelconque basse manœuvre, écrit-elle. Mais la connaissance d’un constat: les tensions internes qui ont éclaté peu après mon arrivée ont rendu mon intégration tout sauf sereine. Ce constat, ainsi que mes doutes, je les ai partagés par courriel aux membres de Montreux Libre en juillet dernier, ainsi qu’à Emmanuel Gétaz lors de nos conversations avant mon assermentation.»     

Dans tous les cas, la perte de ce cinquième siège a eu une conséquence sérieuse pour Montreux Libre: la formation ne peut plus siéger en commission. «Heureusement, cela n’est survenu qu’à quelques mois des élections communales», relève son président. En mars prochain, Montreux Libre compte bien récupérer ses acquis de 2021 avec une liste de 10 candidats.