« Avec Alzheimer, la victoire, c’est d’empêcher son apparition »

En Suisse, près de 35’000 nouveaux cas de démence sont enregistré chaque année.  | G. Delaruelle – Pixabay

Clarens
160’000 personnes souffrent d’Alzheimer ou d’une maladie apparentée dans notre pays. Une pathologie incurable, mais dont le déclenchement et l’évolution peuvent être freinés. Le Dr. Eric Morel interviendra mardi prochain à ce sujet en conférence.

Alzheimer est une maladie neurodégénérative qui altère progressivement la mémoire, l’attention, le langage et l’autonomie, avec un impact majeur sur la vie des personnes concernées et de leurs proches. 

Le 10 février prochain, le Dr. Eric Morel donnera une conférence à ce propos intitulée: «Alzheimer, c’est qui déjà?». Cette dernière prendra place à la Maison de Quartier de Clarens dans le cadre des événements organisés par Connaissance 3, l’Université des seniors du canton de Vaud. 

Incurable, mais pas
inéluctable

Si l’âge demeure le principal facteur de risque, les formes purement héréditaires sont rares et ne concernent que 1% des patients. Les femmes représentent, quant à elles, deux tiers des cas.

Souvent, la maladie est favorisée par des facteurs sociaux et environnementaux. En 2024, la revue scientifique The Lancet estimait que près de la moitié des démences dans le monde pourraient être évitées grâce à des facteurs modifiables. 

Par exemple, la consommation de tabac et d’alcool, l’hypertension, la sédentarité ou la pollution en augmentent le risque. À l’inverse, l’activité physique, la stimulation cognitive et les liens sociaux renforcent la «réserve cognitive», soit la capacité du cerveau à compenser les lésions pour maintenir ses fonctions.

Un diagnostic multifactoriel 

Plus le diagnostic est posé tôt, plus la progression de la maladie peut être ralentie. Mais identifier une démence à ses débuts s’avère délicat, certains symptômes étant parfois banalisés ou provoqués par une autre maladie.

L’évaluation repose sur l’anamnèse, les récits du patient et de ses proches, les tests neuropsychologiques et l’imagerie. «Les personnes touchées ont derrière elles des décennies d’habitudes et d’expositions à considérer, explique le Dr. Eric Morel. L’évolution des symptômes et leur impact sur le quotidien constituent les principaux signaux d’alerte.»

Après un diagnostic positif, le maintien des ressources est essentiel pour freiner l’évolution. «Il y a une vie après un diagnostic d’Alzheimer!», tient à souligner le chef de clinique au Centre Leenaards de la Mémoire. Depuis 2020, le projet transcantonal CareMENS soutient par exemple l’autonomie et la qualité de vie des personnes concernées.

Plus d’infos: 

jaman8.ch/evenements/conference-connaissance-3/

«Alzheimer, c’est qui déjà?», mardi 10 février (14h30), Maison de Quartier de Clarens, rue de Jaman 8. Aucune inscription nécessaire, 15 francs ou 10 francs avec adhésion.