Bientôt un parc aux Grands Prés?

Montreux
L’association pour la sauvegarde de ce terrain maintient la population informée sur la réalisation de l’initiative soutenue en 2023. Le dossier est actuellement traité par le Tribunal fédéral.

Il y a près de deux ans, les Montreusiens s’étaient majoritairement prononcés en faveur de l’initiative visant à préserver cet espace vert de 2,5 hectares situé à proximité de l’entrée d’autoroute de Montreux (à 71%, participation: 41,3%). Ils préféraient cette voie à celle d’un projet d’écoquartier de 11 immeubles avec 232 appartements. 

La semaine dernière, les initiants dressaient le bilan de l’année écoulée lors de leur assemblée générale. Leurs finances sont saines et leur effectif grandissant avec près de 300 membres. 

À cette occasion, ils ont informé les participants sur l’avancée du dossier. Ils ont aussi envoyé une nouvelle édition de leur tous-ménages d’information politique «Journal du parc naturel des Grands-Prés» à la population. 

Une décision attendue
La présidente de l’association Marianne Lipari l’annonce d’emblée, les Grands Prés seront bien à terme «un parc qui va lentement pouvoir prendre forme et vie». Mais avant cela, les initiants sont encore en attente d’une décision du Tribunal fédéral. Ce dernier doit se prononcer sur leur recours contre le permis de construire accordé aux promoteurs lors de la récolte de signatures de ladite initiative, un permis également confirmé par le Tribunal cantonal début 2024. «Jusqu’à ce que le parc soit mis sur pied et que tout le monde, que ce soit à plumes ou à poils, cohabite sur cette zone de verdure, nous devons rester attentifs», avertissait avec humour Marianne Lipari.

S’appuyant sur l’expertise de leur avocat Me Chiffelle, le comité de l’association a annoncé les suites possibles au niveau de la procédure: soit le Tribunal fédéral admet leur recours et annule le permis de construire, soit il se prononce contre leur recours, et dans ce cas, les promoteurs devront encore obtenir de la Commune de Montreux (propriétaire du terrain) un droit de superficie (ndlr: servitude qui confère un droit de construire, de détenir et d’entretenir, au-dessus ou au-dessous d’un terrain appartenant à autrui, un ou plusieurs bâtiments.)

«Ce droit ne peut être octroyé que par le Conseil communal, précise Emmanuel Gétaz, élu de Montreux Libre et également membre du comité de l’association. Il serait très surprenant qu’il soit accordé. Cela irait à l’encontre de la volonté populaire.» 

Biodiversité et détente

Quant au projet de parc naturel, il n’est pas encore totalement défini. «Nous attendons de passer ces étapes pour aller de l’avant. Mais ce que nous pouvons annoncer, c’est que notre vision n’est pas un jardin à la Versailles, mais plutôt un endroit avec des grands arbres, qui favorise le retour de la biodiversité et qui incite à la détente et au partage de moments en famille», précisait Marianne Lipari. 

«Mais combien d’arbres justement?», interpellait une participante. «C’est trop tôt pour le dire, mais un maximum sur ces 25’000 m2 de terrain, répondait la présidente. Après nous sommes tous d’accord, ce sera pas 25’000 séquoias, mais n’oublions pas que planter, c’est aussi un moyen de protéger ce site.»