Dans la tourmente financière, FunPlanet a choisi de survivre

Pour dégager des liquidités, l’entreprise a dû se résoudre à vendre une parcelle de terrain.   | Fun Planet

Rennaz
Le site de loisirs chablaisien se bat depuis une année pour se remettre d’aplomb. Le récit de son patron Jean-Pierre Sacco.

«Si j’accepte de vous recevoir, c’est que je suis optimiste», sourit Jean-Pierre Sacco. Il est 15h ce jeudi après-midi au FunPlanet de Rennaz. L’immense temple chablaisien des loisirs de 12’000 m2 est encore silencieux, il ouvrira ses portes dans une heure à peine. C’est dans un canapé du coin lounge que l’administrateur de la société nous accueille. Avec une bonne dose de confiance. Et dans ses yeux, une lueur de combativité.

Car c’est peu dire: l’emblématique lieu de divertissements revient de loin. «Il y a un an, nous avons dû prendre une décision importante. Celle de continuer ou tout arrêter. Nous avons choisi de relancer la machine et de nous en sortir», lâche l’entrepreneur, à qui l’on doit notamment la création de la chaîne Let’s Go Fitness. C’est en 2019, après avoir vendu son réseau de salles de sports, qu’il est devenu l’actionnaire principal de FunPlanet. 

Début 2024 donc. Les perspectives étaient des plus sombres pour l’enseigne chablaisienne, avec des charges devenues impossibles à couvrir. «Nous avions une dette de plusieurs millions que nous ne pouvions pas rembourser, explique Jean-Pierre Sacco. La majeure partie de cet argent – soit environ 70% – était due à la banque, 20% étaient des loyers à verser au fonds immobilier propriétaire du bâtiment, et le reste à différents prestataires.»

Des travaux massifs et une pandémie

Mais comment l’entreprise en est-elle arrivée là? «C’est une accumulation de plusieurs facteurs, expose-t-il. En 2019, lors de la reprise de bail, nous avons lancé des travaux massifs de rénovation pour 17 millions de francs. Et puis est arrivée la pandémie: pendant deux ans, nous avons payé des loyers en plein – soit 4,8 millions de francs – sans réaliser de chiffre d’affaires.»

«Lors du retour à la normale en avril 2022, poursuit-il, tous les coûts avaient augmenté, à commencer par ceux de l’énergie et des matières premières, comme le plastique et le métal.» La facture du chantier s’est ainsi allongée de près de deux millions. «À cela s’est ajoutée la hausse des salaires pour le domaine de la restauration.» L’année suivante marquera un tournant difficile. «Alors que nous avions prévu un exercice dans les chiffres noirs, la situation à la fin 2023 était critique.»   

Vente de terrain nécessaire

En avril 2024, l’entreprise obtient un sursis concordataire provisoire. Une nouvelle direction générale est mise en place. Des arrangements sont trouvés avec les créanciers. «Notre propriétaire a compris les enjeux et a accepté une restructuration du loyer.» En clair, le fonds immobilier consent à une baisse momentanée durant le sursis, avec remboursement prévu ultérieurement.

Pour dégager des liquidités, FunPlanet devra se résoudre – mesure drastique – à vendre une parcelle de terrain située entre le site et l’autoroute A9. «Cela nous permettra de rembourser la dette hypothécaire et de financer le concordat», précise Jean-Pierre Sacco.

Du côté du personnel, l’administrateur l’assure: les salaires des quelque 30 équivalents plein-temps ont toujours été versés. Et Jean-Pierre Sacco de souligner: «Une fois le sursis déposé, le grand défi a été de tenir le coup durant la période estivale 2024. Ce d’autant plus que l’affluence de ces mois est généralement inférieure à celle de l’hiver.»

Retour à la stabilité en 2026?

Et puis est survenu, comme un cadeau de Noël avant l’heure, l’octroi d’un sursis concordataire définitif. C’était le 19 décembre dernier. La confirmation, selon l’administrateur, que l’arrangement envisagé avec les créanciers tient la route et que la nouvelle stratégie est «viable». Une remise à flot que Jean-Pierre Sacco envisage de réaliser d’ici le premier semestre 2026. «Nous sommes conscients de la problématique et nous travaillons fort pour nous en sortir.»

Chiffre encourageant: le site a attiré quelque 300’000 personnes en 2024, soit 100’000 de plus que ce qui était enregistré les années d’avant pandémie. «Nous comptons sur le public pour continuer à nous soutenir», conclut-il avant de nous raccompagner à la sortie. Il n’est pas 16h, un groupe de clients anglophones se masse devant l’entrée. Signe que FunPlanet a certainement encore sa carte à jouer.

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