
Selon le psychothérapeute Niels Weber, les écrans ne sont jamais un besoin, mais un moyen d’accéder à un besoin, comme l’intégration sociale. | L. Menétrey
Les écrans sont devenus l’une des principales sources de conflits au sein des familles. C’est le constat dressé par le psychothérapeute Niels Weber à travers ses consultations ces dernières années. Pour autant, l’auteur de «Les écrans, je gère» plaide pour une approche non moralisatrice.
Lors d’une conférence tenue à l’aula de l’établissement scolaire de Blonay-Saint-Légier mardi dernier, une cinquantaine de parents ont échangé sur les stratégies à adopter pour apaiser les tensions avec leurs adolescents. «Il existe non seulement une réelle différence d’utilisation générationnelle, mais aussi de compréhension générationnelle», explique d’emblée Niels Weber. Pour combler ce fossé, il conseille aux parents de s’intéresser à ce que font leurs enfants en ligne; quels jeux, quelles règles, ce qu’ils aiment ou pas.
La clé résiderait dans le dialogue. «Ne vous limitez pas à des questions de temps d’écran, mais à ce qui est fait durant ce temps ou au contraire pas fait, comme les obligations de l’école ou de la vie familiale», précise le psychothérapeute. Quant aux jeunes, il les invite à adopter une posture réflexive par rapport à leur propre utilisation numérique et de faire l’effort de dialoguer avec leurs parents.
Sensibiliser, déculpabiliser et dialoguer
Cette rencontre s’inscrit dans le projet «Branché/Débranché», initié par l’établissement scolaire en partenariat avec la Commune et l’Association des parents d’élèves (APE). Il a pour objectif de sensibiliser aux enjeux du numérique à travers une riche palette d’activités: exposition sur les fake news, conférence sur l’intelligence artificielle ou encore, défi numérique pour diminuer son temps d’écran.
Au cœur de la conférence et des discussions du soir: autorégulation et gestion des émotions, algorithmes, fonctionnement des jeux vidéo et des labels de classification des âges limites. Un père, préoccupé, s’interroge sur les limites à poser. «Il est essentiel que les parents établissent un cadre et des limites, répond Niels Weber. Non pas parce que les écrans sont forcément dangereux, mais parce que les adolescents ne sont pas outillés pour s’autogérer.»
Le psychothérapeute invite les parents à définir des moments en famille sans smartphones ni jeux vidéo ni télévision. «Les écrans ne sont jamais un besoin, mais un moyen d’accéder à un besoin», insiste-t-il. Que ce soit pour s’intégrer au sein d’un groupe en jouant aux mêmes jeux que les autres, ou comme une forme de refuge face aux difficultés du quotidien. «Parfois, quand ça ne va pas à l’école, les écrans leur permettent de faire le vide et de penser à autre chose.»
À l’issue de la conférence, une maman d’une fille de 11 ans se sent rassurée. «J’ai toujours trouvé la question des écrans vertigineuse, et d’ailleurs ma fille n’a pas encore de smartphone. Mais aujourd’hui, je repars avec des outils concrets pour mieux appréhender cette question. L’idée de déculpabiliser et de favoriser le dialogue me parle.»
