
Pour tenir sur le long terme dans un contexte sécuritaire qu’elle qualifie d’exigeant, la Police cantonale fribourgeoise se dirigera vers une priorisation de ses prestations. Elle souhaite avant tout garantir ses missions essentielles. | Police cantonale fribourgeoise
La Police cantonale fribourgeoise a publié son rapport d’activité 2025 le 23 mars dernier. Elle y fait état d’une intensité opérationnelle sans précédent, malgré une stabilisation des infractions pénales (+3%). Les 27’600 rapports de police, en augmentation de 6% par rapport à 2024, et la hausse de 6% des appels d’urgence doivent le démontrer. La Police cantonale souligne également que les violences graves sont en augmentation de 46%, malgré une baisse globale des infractions violentes de 14%.
Pas de grosse augmentation du nombre de délits donc, mais des délits plus graves. Elle explique ce phénomène par un accroissement de la détresse sociale. Et ses effectifs en sentiraient les conséquences. Les augmentations des violences domestiques de 2% et des viols constatés de 64% exigeraient des ressources et des compétences toujours plus nombreuses et précises. À noter que l’explosion du nombre de viols constatés est principalement due aux nouvelles dispositions pénales de 2024, qui ont notamment introduit le principe du «un non, c’est un non» et la fin de la contrainte physique comme condition.
Taux de criminalité bas en Veveyse
Avec un taux de 30,8 infractions pour 1’000 habitants, la Veveyse reste bien en dessous de la moyenne cantonale de 46,7.
Plusieurs facteurs pourraient expliquer ce calme relatif. «La densité de population joue un rôle indéniable, explique Martial Pugin, chef de la communication de la Police cantonale. Les centres urbains plus denses concentrent naturellement plus de frictions sociales.» Il ajoute que la situation géographique d’un district, à savoir sa proximité avec d’autres cantons ou un axe autoroutier, sa structure économique ou encore les dynamiques sociales locales sont des facteurs explicatifs. «Une analyse exhaustive du cas veveysan nécessiterait l’intervention de criminologues.»
L’officier tient cependant à mettre les chiffres veveysans en perspective: «La fréquence des infractions au Code pénal en Veveyse n’est pas la plus basse du canton, la Singine affichant par exemple un taux de 26,5‰. Par ailleurs, l’augmentation de 5% des infractions au Code pénal sur la dernière année prouve que le district n’est pas figé.»
Intensité opérationnelle en augmentation
Martial Pugin souligne également que, comme dans le reste du canton, les interventions policières en Veveyse tendent à escalader en intensité. Si la Police cantonale n’est pas en mesure de détailler les causes de ses interventions dans le district, son chef de la communication est catégorique: «Les policiers et policières qui interviennent en Veveyse sont confrontés aux mêmes réalités qu’ailleurs. La charge mentale et le risque sont identiques. Le terrain exige aujourd’hui de notre personnel une vigilance et une résilience constantes, indépendamment du nombre total d’infractions enregistrées à la fin de l’année dans le secteur.»
