
La vigne communale de Châtonneyre sera ouverte à l’auto-cueillette les 5 et 6 septembre. | Commune de Corseaux
Un panier au bras, un sécateur à la main et le choix des grappes que l’on coupe soi-même… À première vue, une activité sympa à faire en famille et entre amis. Mais derrière ces bons moments, les journées d’auto-cueillette proposées début septembre par la Commune de Corseaux dans sa vigne de Châtonneyre sont l’expression d’une réalité brutale, celle de la crise vitivinicole.
En mars dernier, l’entreprise Schenk – qui rachète habituellement le raisin communal pour le vinifier – a annoncé qu’elle ne pourrait désormais plus acquérir la vendange de ces cépages blancs. Malgré ses recherches, la Commune n’a pas trouvé d’autre repreneur pour valoriser le produit de ses parcelles, dont la surface totale dépasse les deux hectares.
«Nous nous retrouvons avec entre 15 et 18 tonnes de raisin sur les bras», déplore Sabine Carruzzo, municipale chargée des vignes communales, qui dit toutefois «comprendre que Schenk veuille donner la priorité aux professionnels». «Avec cette crise, beaucoup de gens et de familles se retrouvent dans des situations dramatiques», souligne l’élue, qui est aussi secrétaire et archiviste de la Confrérie des Vignerons.
Limiter le gâchis
Pas d’acheteur donc. Mais pas question non plus de laisser pourrir toutes les grappes sur pied. «Le raisin de Châtonneyre est de très bonne qualité et cette année, il s’annonce magnifique.» Plusieurs pistes ont donc été imaginées pour valoriser malgré tout cette récolte à venir. «La Commune fera vinifier à ses frais une cuve, dont 2’000 bouteilles seront mises en vente l’an prochain.» Autre solution trouvée: une transformation du raisin en jus, conditionné dans des cubis de trois litres.
Et enfin, une parcelle sera ouverte au public pour ces deux journées d’auto-cueillette, les 5 et 6 septembre, à un tarif de 5 francs le kilo, soit le prix du marché. «Par égard pour la qualité du raisin et pour le travail de notre vigneron-tâcheron, on a décidé qu’on ne le bradait pas», précise Sabine Carruzzo. À travers cette démarche, la Corsaline souhaite aussi sensibiliser la population à la réalité qui secoue le secteur. «La crise est profonde et la situation ne va pas s’améliorer.»
Arrachage avant l’heure
Au terme de ces vendanges 2026, près d’un hectare de vignes communales sera arraché pour laisser place à de la prairie fleurie. «Cette surface était de toute manière vouée à disparaître, étant donné que le site doit accueillir le nouvel EMS et la garderie. Mais ce ne sera que vers 2031», indique la municipale, qui évoque un arrachage «plus tôt que prévu».
Reste qu’après cette opération, l’Exécutif aura encore plus d’un hectare de Chasselas dont il faudra déterminer l’avenir. «Nous allons prendre le temps de réfléchir à l’avenir de ces autres parcelles.»
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