Femmes cyclistes sur grand écran

Ces deux films mettent à l’honneur les femmes cyclistes, entre Bruxelles et Tokyo, en passant par l’Himalaya.  | DR

Châtel-Saint-Denis
Le club de cyclisme Cyclomaniacs Veveyse organise une projection à l’Univers@lle ce jeudi 5 février. Deux films de voyage qui espèrent atteindre un public féminin.

«Ma porte d’entrée dans le féminisme a été le vélo, assure Manon Brulard, réalisatrice du film <Women don’t cycle>. Je me suis rendu compte que c’était un moyen de transport encore très masculin. Je me suis donc intéressée à l’intersection entre genre et mobilité.» 

En 2019, la Belge pédale de Bruxelles à Tokyo, sa caméra en main. Le long de sa route, elle interroge des femmes qui pratiquent le cyclisme. «J’ai réalisé qu’à de nombreux endroits, le vélo leur permettait une certaine émancipation. Cette façon efficiente de se déplacer, d’aller à la rencontre de l’ailleurs, est libératrice.»

Montrer l’exemple

Dans le deuxième métrage, «Parfum d’essence», le public pourra suivre les Françaises Jessica Malbet et Anaïs Béné à vélo, des Alpilles (ndlr: au nord-ouest du département des Bouches du Rhône, en Provence) jusqu’à l’Himalaya, sans aucun entraînement préalable. Un voyage qui les mènera, contre toute attente, à croiser la route du dalaï-lama. «C’est un film très drôle, avec de belles animations», explique Didier Freymond, organisateur de la soirée et membre du comité de Cyclomaniacs Veveyse. 

«Le cinéma est un bon médium pour élargir les imaginaires, montrer qu’il est possible pour une femme de voyager de cette manière», poursuit Didier Freymond. Il insiste sur l’importance de mettre en avant des modèles inspirants pour développer la pratique féminine. Beaucoup d’entre elles hésiteraient encore à se lancer dans de telles aventures, par crainte de potentiels dangers ou de distances trop longues. «Mon film est sorti il y a trois ans, et j’ai reçu beaucoup de messages de femmes qui se sont lancées après l’avoir visionné. C’est génial», complète la réalisatrice de «Women don’t cycle» Manon Brulard, qui sera par ailleurs présente lors de cette soirée. 

Un sport qui se féminise

En Veveyse, le cyclisme féminin se développe progressivement. Cyclomaniacs compte un groupe de plus de 25 membres, âgées de 20 à 63 ans, qui s’entraînent au VTT chaque semaine. «Les filles et les femmes restent extrêmement minoritaires dans ce sport, que ce soit en VTT, sur route ou sur piste, constate Didier Freymond. Mais on sent une dynamique qui se met en marche.»

Après la projection de ce jeudi 5 février, elles seront peut-être encore plus nombreuses à faire chauffer leurs mollets.