
La Municipalité propose d’installer une quarantaine de caméras dans le quartier de la gare pour lutter contre le deal de rue. | LDD
Vers la gare, ce sont 44 caméras qui pourraient bientôt quadriller le secteur. Le but: dissuader le trafic de drogues, vendeurs comme acheteurs, et prévenir les actes illicites et d’incivilités. Ce dispositif est notamment au service des enquêtes de la police.
«Les défis sécuritaires sont de plus en plus importants dans les espaces publics, en particulier dans ce secteur qui concentre beaucoup de personnes et d’usages différents, soulève la municipale Gabriela Kämpf. Nous avons déjà mis en place toutes les autres mesures en notre compétence avant de proposer au Conseil communal d’actionner ce levier de surveillance.»
Ce projet, élaboré et dimensionné dans le respect de proportionnalité et d’exigences légales, s’appuie sur une étude menée par un expert en sécurité. «Cet outil dissuasif et préventif s’inscrit dans une approche globale.»
Une lutte pluridisciplinaire
Les autorités ont-elles tardé à réagir? «Il fallait le temps de bien faire les choses, répond Gabriela Kämpf. Nous avons évalué la situation, avant d’en arriver là. C’est un travail collégial. Que l’on soit de gauche ou de droite, nous devons surtout démontrer que nous avons tout tenté avant d’élaborer un projet d’installation de caméras.»
Prévue durant le deuxième semestre de l’année, la pose de ce dispositif de surveillance impliquera plusieurs services municipaux. Responsable de l’entretien de l’équipement, le Service des travaux publics, qui aura aussi accès à des formations, à l’instar d’autres équipes de terrain pour savoir réagir lors de tensions dans l’espace public.
En outre, le projet pilote de médiation urbaine, lancé en juin 2024, sera intégré au sein du travail social de proximité. Un observatoire social de l’espace public permettra d’analyser et répertorier les dynamiques urbaines. Une façon de coordonner les actions entre la population, les partenaires et les autorités. «La vidéosurveillance n’est pas une mesure isolée et elle s’imbrique dans la politique des quatre piliers en matière de lutte contre la drogue», rappelle Gabriela Kämpf.
Le stockage sécurisé des données sera assuré par le Service des systèmes d’information. L’exploitation de ces données sera confiée à l’Association Sécurité Riviera (ASR). Le crédit d’investissement pour l’installation du réseau de caméras et les aménagements électriques notamment s’élève à 800’000 francs. Un dossier dorénavant entre les mains du Conseil communal.
Plusieurs témoins ont dit constater l’absence de dealers durant la journée de mercredi dernier dans le secteur de la gare veveysanne. En cause, selon eux, une intervention policière survenue la veille. Ce que confirment les forces de l’ordre. «Mardi soir 21 janvier, une opération de lutte contre le trafic de stupéfiants a été menée par Police Riviera. Deux personnes ont été interpellées. L’une d’elles, porteuse de plusieurs grammes de cocaïne, a fait l’objet d’un rapport de dénonciation. La seconde, visée par un mandat d’arrêt, a été mise en détention.» RBR
