Glisser sur une patinoire centenaire

Des patineurs à Caux, vers 1905  | Archives de Montreux, ICO A12-0314

Caux
Nichée dans un écrin naturel, le miroir glacé sur les hauts de Montreux est ouvert au public depuis mercredi dernier. Une occasion à saisir, tant l’opportunité devient rare.

«C’est un petit paradis en lisière de forêt. On aperçoit le lac et les Rochers-de-Naye, c’est magique!» L’enthousiasme de David Huber est contagieux. Président de la société de développement de Caux, il est heureux de pouvoir à nouveau accueillir les patineurs. «C’est une occasion historique. Cela devient tellement rare avec le changement climatique. Il faut absolument venir!»

Entre la bise et la chute des températures ces derniers jours, voilà les conditions requises pour pouvoir enfiler ses patins. Terrain de foot en été, cette surface plane se mue en patinoire, s’il fait suffisamment froid en hiver. «Nous utilisons la neige pour en faire une épaisseur compacte que nous arrosons ensuite pour que cela gèle durant la nuit.»

Ouverte depuis à peine une semaine, le public afflue déjà. «Un grand-papa est venu avec sa petite-fille, nous raconte David Huber. Il m’a dit qu’il avait appris à patiner ici. C’est magnifique de voir des générations se côtoyer sur cette glace.»

Attraction touristique d’antan

D’abord aménagée vers le Grand Hôtel de Caux en 1897 pour les hôtes de l’établissement, la Société immobilière de Caux achète ensuite des terrains en 1901 et décide la construction d’une nouvelle place de patinage, dont l’emplacement correspond toujours au site d’aujourd’hui.

En 1907, face à l’engouement suscité par ce sport de glisse, le Conseil communal entérine le projet d’une seconde patinoire. Quelques saisons plus tard, en 1911, une troisième voit le jour pour la pratique du curling.

Alors station hivernale huppée, Caux dénombre ainsi trois patinoires pour le hockey, le patinage artistique et le curling. Depuis, une seule a survécu au passage du temps. Après la Seconde Guerre mondiale, le club de patinage disparaît, et la Société immobilière, propriétaire des terrains, décide de ne conserver qu’une patinoire pour les loisirs.

Toujours en glace naturelle, elle est difficile à entretenir car la température n’est pas assez froide. Par conséquent, son ouverture est souvent de courte durée. Si l’attraction plaît autant, pourquoi ne pas la pérenniser? Hors de question pour David Huber. «Imaginez un tapis artificiel ici. Ce n’est pas le concept, cela enlèvera le charme de cet endroit.»

ilovecaux.com/à-faire

Ouverte jusqu’à la mi-mars, si les conditions météo le permettent. Se référer au site.

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