Hausse d’impôts: la population tranchera-t-elle?

Ce serait la troisième fois en moins de dix ans que les habitants de La Tour-de-Peilz sont appelés aux urnes pour dire s’ils veulent ou non d’une augmentation de leurs contributions.  | R. Brousoz

La Tour-de-Peilz
Le relèvement décidé par le Conseil communal fin octobre a des chances d’être soumis au vote de la population. Un comité référendaire est en train de s’organiser.

Jamais deux sans trois, dit le fameux dicton. Après avoir refusé une hausse d’impôts en 2016, puis en 2018, la population de La Tour-de-Peilz va probablement être appelée aux urnes pour se prononcer à nouveau sur cette question. Le 30 octobre dernier, le Conseil communal a en effet accepté que le taux d’imposition passe de 64 à 65% pour les années 2025 et 2026. Une proposition faite par la Commission des finances, et ce malgré la volonté de statu quo affichée par la Municipalité.
Raison invoquée? La construction à venir de la nouvelle garderie au chemin du Gregnolet. La crèche est prévue pour la rentrée 2025, et son fonctionnement est estimé à 700’000 francs par année. «Il ne serait pas prudent d’emprunter pour couvrir ces frais courants», argumente cette commission, qui pointe aussi du doigt un «endettement communal ayant doublé en trois ans» et une «marge d’autofinancement systématiquement inférieure aux investissements depuis 2014».

Encore trop tôt
«Il n’y a aucun sens à créer ce que j’appellerais une cagnotte pour un objet dont la première brique n’a pas encore été posée», s’agace le municipal chargé des finances Jean-Pierre Schwab, qui peine à comprendre cette démarche soutenue selon lui essentiellement par le PS et, plus étonnant, par le PLR.
Car selon l’édile du Centre, les finances communales sont à ce jour «très saines». «Peut-être que cette hausse d’impôts pourrait se justifier en 2027, suivant les investissements prévus, mais là, ce n’est pas le bon moment. Surtout qu’actuellement les citoyens subissent d’autres augmentations et que le pouvoir d’achat est en baisse.»

Pas d’autre choix
«On demande de plus en plus de prestations à la communauté, il faut bien les financer», rétorque Kurt Egli, président du PLR boéland. Ce dernier reconnaît que les relèvements d’impôts ne sont pas vraiment dans l’ADN de son parti. Mais il n’y a selon lui pas d’autre choix. «S’il y avait des possibilités d’économies ailleurs, je ne soutiendrais pas cette mesure. La Municipalité a beau dire que notre plafond d’endettement de 100 millions n’est pas atteint… Finalement, quel est le but? Créer des dettes ou gérer des finances?»
Si le Conseil communal a tranché, la population devrait avoir encore son mot à dire. «Nous allons partir au référendum», annonce Jean-Pierre Schwab. Le municipal ne fera pas lui-même partie du comité chargé de récolter des signatures, mais il prend part activement à la constitution de ce dernier. «J’ai demandé l’avis du préfet, et selon lui ça ne pose pas de problème. Ce d’autant plus que l’Exécutif n’était pas favorable à cette hausse.»
Récolte jusqu’à mi-janvier
L’élu espère ainsi rallier des membres du Centre, des Vert’Libéraux, de l’UDC et de La Tour-de-Peilz Libre. Une fois le projet de référendum déposé, le comité aura 30 jours – plus 5 en raison des Fêtes – pour réunir quelque 1’200 paraphes. «Le délai de la récolte devrait courir jusqu’à mi-janvier.»

GALERIE