Laurence Habegger « Je ne vais pas révolutionner la Commune, mais je suis une fonceuse »

Laurence Habegger, qui est arrivée à Leysin par amour du ski, est devenue le 1er juillet la première femme syndique de la Commune.
| Karim Di Matteo

Apprenties syndiques
La Neuchâteloise, arrivée en station par amour du sport, a connu une grosse tuile qui a brisé son premier élan politique. Elle a bien rebondi en devenant la première femme syndique de la Commune.

Le 1er juillet, au premier jour de son nouveau mandat, Laurence Habegger choisit la salle de Municipalité plutôt que son nouveau bureau pour son interview de première femme syndique de Leysin. «Je n’ai pas encore pu me résoudre à prendre le siège de Jean-Marc (ndlr: Udriot, parti après 25 ans de Municipalité, dont 20 comme syndic), sourit-elle. J’ai l’impression de piquer sa place après tant d’années consacrées à la Commune.»

Elle en a conscience, l’héritage est lourd et son management sera très différent de celui du «patron», ce collègue de parti dont l’envergure était aussi reconnue que jugée envahissante par ses adversaires. Mais elle est prête et son super résultat aux élections du printemps sur la liste de l’Entente leysenoude (PLR) l’a rendue on ne peut plus légitime à lui succéder, elle qui n’avait pas envisagé d’être syndique. 

«Je ne vais pas révolutionner la Commune, mais je suis une fonceuse, prévient-elle pour ceux qui douteraient de sa détermination. Mon travail sera de poursuivre les projets en cours, en premier lieu l’attractivité touristique de Leysin, le prolongement du train jusqu’à la télécabine et la réfection des centres sportifs.»

Sport et politique

Ce dernier dossier fait un peu office de clin d’œil au parcours de Laurence Habegger. C’est en effet le sport qui a amené la Neuchâteloise d’origine, membre de l’équipe suisse de ski acrobatique, à s’établir à Leysin en 1983 pour être plus proche des pistes. «Je suis tombée sur une annonce pour un poste de secrétaire-réceptionniste dans un hôtel, raconte l’employée de commerce de formation, aujourd’hui comptable. C’était parfait, travailler dans le tourisme me laissait la possibilité d’adapter mes horaires pour les entraînements.» En station, elle trouve également son futur mari, elle y devient maman. «Leysin est devenue ma maison.»

Peu à peu, la corde sensible de la politique, qui a toujours vibré en elle, la titille. «Je suis fille d’entrepreneur et j’ai toujours eu à cœur de défendre le petit patronat, d’où mon adhésion au PLR.»

Elle est toutefois loin d’avoir sa carte du parti bleu et blanc en poche quand elle s’engage la première fois. Elle est dans la vingtaine et les autorités décident de construire la piscine au cœur du village plutôt qu’«en bas», vers la patinoire. Elle envisage avec quelques amis de s’y opposer, avant que le groupe ne renonce, ce qui ne les dissuade pas de s’engager. Ils adhèrent à feu le Groupement des intérêts de Leysin (GIL). Laurence Habegger entre au Conseil communal en 1988, à 24 ans.

Elle aurait probablement accédé beaucoup plus tôt à la Municipalité si un grave accident de voiture ne l’avait pas amenée à renoncer après un seul mandat. Cela ne l’a pas empêchée de remettre ça avec succès en 2021 et de devenir municipale. 

Quant à sa passion de la moto, elle est toujours là. «Même si, aujourd’hui, je m’assieds plutôt derrière mon mari lors de nos sorties et voyages: en Irlande, en Écosse, au Monténégro… En passagère, je peux plus facilement m’évader et partir dans mes réflexions.»