La chasse au radon est relancée dans les écoles vaudoises

Un bâtiment de La Tour-de-Peilz a été choisi de manière aléatoire par le Canton pour prendre part à ce projet.  | S. Anex/Ville de La Tour-de-Peilz.

Santé
Le Canton mène un projet-pilote pour débusquer le gaz radioactif. Des capteurs ont été posés dans une trentaine d’écoles et de crèches/UAPE. Une structure de La Tour-de-Peilz fait partie de l’expérience.

oirs, pas plus grands que la paume d’une main. Et ils sont bien cachés. «Dans d’autres cantons, certains disparaissent parfois», sourit Agnès Novotny, inspectrice des produits chimiques au sein de la Direction générale de l’environnement (DGE). Depuis plusieurs semaines, des capteurs sont disséminés dans une structure d’accueil de La Tour-de-Peilz. Objectif? Évaluer la concentration de radon, ce gaz naturel radioactif qui provient du sous-sol. Nocif à un certain degré d’exposition, il augmente les probabilités de développer un cancer du poumon et serait la cause de 200 à 300 décès par année dans notre pays.     

Le bâtiment boéland participe ainsi à un projet-pilote lancé par le Canton de Vaud. Que l’on se rassure: ce site ne fait pas l’objet d’un souci particulier. «Nous avons sélectionné une trentaine d’établissements accueillant des enfants et des jeunes sur tout le territoire vaudois, explique la responsable du projet. Le choix s’est fait de manière plus ou moins aléatoire. On l’a dirigé pour avoir une bonne répartition géographique, mais aussi une variété en termes de types d’établissements et de propriétaires.» 

C’est l’Institut de radiophysique du CHUV qui a été mandaté pour installer ces petits dosimètres et qui sera également chargé d’en analyser le contenu. «Les mesures doivent durer trois mois, précise Agnès Novotny. Les résultats devraient être connus en avril.»

Petit test en attendant le grand

Ce projet – qui est une sorte de  test à petite échelle – est financé par la Direction générale de l’environnement à hauteur de 30’000 francs. Il doit permettre au Canton de s’organiser au mieux pour une plus vaste campagne de mesures à venir. Si le calendrier de cette dernière n’est pas encore défini, elle s’étendra dans les  plus de 1’200 écoles et structures d’accueil d’enfants que compte le territoire vaudois. «C’est une obligation découlant de l’ordonnance fédérale sur la radioprotection, entrée en vigueur en 2018», souligne la spécialiste. 

Une campagne de ce type a déjà eu lieu à la fin des années 1990. «Mais depuis, les protocoles ont changé et les normes ont été abaissées.» Ainsi, la concentration annuelle maximale de radon a été réduite, par mètre cube, de 1’000 à 300 becquerels (unité qui permet de mesurer le taux de radioactivité). Au-delà de ce seuil, le propriétaire doit évaluer la nécessité d’un assainissement (voir encadré).

Un gaz qui passe inaperçu

Le radon, qui résulte de la désintégration naturelle de l’uranium, s’infiltre dans les bâtiments par des fissures ou des défaut d’étanchéité. Il est invisible et inodore. «Il ne provoque aucun symptôme direct.» Et même si certaines régions comme le Jura ou les Alpes sont plus à risque en raison de leur géologie, on peut en trouver partout à des concentrations élevées. «Tout dépend du type de sous-sol, des caractéristiques du bâtiment, de l’étanchéité de sa base et de la manière dont il est ventilé. Le risque de concentration sera plus important dans des locaux en contact avec le terrain, comme les caves enterrées ou des rez-de-chaussée.»

Cette première expérience
permettra aussi de sensibiliser la population. «Il y a clairement une méconnaissance vis-à-vis du risque lié au radon. On s’aperçoit souvent que les gens l’ignorent totalement ou ne se sentent pas concernés.» Les particuliers qui le désirent peuvent d’ailleurs effectuer des mesures chez eux. «Nous recommandons de faire appel à des organismes de mesures agréés.» Pour une villa par exemple, il faudra installer au moins deux capteurs, qui coûtent chacun entre 70 et 100 francs, analyse comprise. 

Plus d’infos:

bag.admin.ch/fr/radon-2

Assainissements nécessaires dans 10% des bâtiments

Au terme de ce projet-pilote dans les écoles et structures d’accueil, les lieux où des dépassements auront été enregistrés feront l’objet d’une analyse approfondie par des spécialistes. Avec, à la clé, de potentielles mesures d’assainissement. Lesquelles? «Il peut s’agir d’un changement d’utilisation des locaux», dit Agnès Novotny. Selon elle, le radon ne pose pas de problème s’il n’y a pas d’exposition régulière et sur la durée. Autres mesures possibles: améliorer la ventilation du bâtiment, renforcer son étanchéité en posant un revêtement à la cave, ou encore installer des portes étanches. Les propriétaires concernés auront un délai de 1 à 10 ans pour réaliser ces travaux, en fonction de la concentration et du taux d’occupation. «Des travaux qui seront à leur charge», précise l’inspectrice. En général, environ 10% des bâtiments investigués doivent être assainis.

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