
L’équipe de Teenergy en tournage aux Grangettes (Noville) pour compléter leur série documentaire portée sur l’environnement. | Teenergy
«Je me souviens avoir dit à ma femme un matin: <Il faut absolument que l’on trouve un moyen de donner la parole aux jeunes>.» Le réalisateur Hassan Lakhdar, cofondateur et directeur de Teenergy, se lance alors avec son épouse et associée, Anne Lakhdar.
Ils créent une société de production par et pour les jeunes qui les encadre et les pousse à explorer leur créativité. «Mais aussi à aborder les thèmes qui les concernent en tournant leur regard vers les solutions. Trop souvent, les discussions se concentrent sur les polémiques, et l’on oublie qu’il existe une multitude d’initiatives positives», explique Anne Lakhdar. Les documentaires abordent ainsi des enjeux liés à l’environnement, la santé, les droits humains et l’éducation.
«À notre époque, nous n’avions pas ce privilège en tant que jeunes de nous exprimer, que ce soit intellectuellement ou créativement», explique Hassan, né au Maroc et arrivé en Suisse à l’adolescence. Après des études en communication en Angleterre, il devient réalisateur en autodidacte. Lui, le visionnaire. Elle, la pragmatique. Une complémentarité qui fait leur force depuis trois décennies.
Découvrir le patrimoine naturel autrement
Soutenue par la Confédération, divers Cantons et fondations, la série documentaire phare de Teenergy explore les sites suisses inscrits dans la convention de Ramsar. Ce traité international établi en 1971 en Iran vise à protéger les zones humides d’importance mondiale.
À chaque épisode, c’est à travers le regard de deux jeunes que l’on découvre, avec poésie, un site Ramsar suisse, tel que les Grangettes, la Grande Cariçaie ou le glacier du Rhône. «Nous souhaitions montrer au grand public ce que l’on ne voit pas à l’œil nu et faire connaître le riche patrimoine naturel de la Suisse», précise Hassan Lakhdar.
Le premier épisode de cette série a été tourné en 2018 à la réserve naturelle des Grangettes. Sept ans plus tard, l’équipe est retournée sur les lieux pour filmer une nouvelle séquence. Même lieu. Même protagonistes. Début mars, une équipe de sept jeunes – ingénieur son, réalisateur, community manager et acteurs – s’aventuraient aux abords des roselières des Grangettes. Caméra à la main, bottes aux pieds.
À l’époque, Axel, alors âgé de 18 ans, vivait son premier tournage en pleine nature. «Je devais apprendre à capturer une espèce. J’ai dû maîtriser l’art de la patience et de l’observation, se remémore-t-il. Par exemple, l’hirondelle se déplace très rapidement, alors que la libellule vole en cercles. Il faut s’adapter à chaque espèce.»
Les deux jeunes acteurs Noor Cohen et Martin Wagner, évoquent eux aussi avec nostalgie des anecdotes de ce premier tournage. Que ce soit leur émerveillement face à la découverte des œufs de cygnes de couleur bleue ou encore les baignades improvisées. «Se réjouir de ce qui est beau, c’est un adage scout que j’ai porté avec moi tout au long du tournage», confie Noor.
Depuis le lancement de Teenergy, plus de 2’300 jeunes ont été formés à Montreux dans les métiers de l’image: cinéma, journalisme, communication, son et vidéo. À ce jour, l’entreprise compte une dizaine de collaborateurs, tous âgés de moins de 30 ans, à l’exception des fondateurs. Si quelques épisodes de sa série documentaire ont déjà été diffusés par la RTS ou dans divers festivals, Teenergy ambitionne désormais de séduire des plateformes internationales.

Le fils d’Anne et Hassan a suivi la voie dessinée par ses parents et est aujourd’hui, réalisateur, responsable technique et formateur au sein de l’entreprise familiale. «Je suis né entre les caméras. Depuis mon plus jeune âge, je côtoyais ces professionnels, j’étais très curieux. Je les observais filmer et j’ai beaucoup appris avec eux sur le terrain», relève Axel Lakhdar. Cet apprentissage sur le terrain, il le complétera par la suite avec une formation en Interactive Media Designer (IMD).
