La patinoire de la place du Marché jugée «illégale»

La structure provisoire va-t-elle à l’encontre de la décision de justice de 2014? Pour l’association Pro Riviera, ça ne fait aucun doute. | Pro Riviera

Vevey
La surface provisoire de 600 m2 provoque la colère de Pro Riviera. L’association ressort l’interdiction décrétée par le Tribunal cantonal en 2014.

«Nous sommes restés sidérés, il n’y a pas d’autre mot.» Présidente de l’association Pro Riviera, Anne-Lise Knopf n’en revient toujours pas. «Pour nous, c’est une décision de justice qui a été bafouée!» Motif de cette colère? La patinoire saisonnière, qui vient d’être installée au bas de la place du Marché de Vevey. Ouverte depuis lundi, cette structure couverte de 600 mètres carrés doit rester en place jusqu’au 23 février prochain.
Illégale, selon la présidente. «En 2014, le Tribunal cantonal a admis un recours de Pro Riviera et de Pro Natura, explique-t-elle. La Cour vaudoise ancrait clairement l’interdiction d’ériger quelque construction de ce type sur ce site.» Et de rappeler que l’endroit bénéficie d’un degré de protection «élevé», en particulier au titre de l’ISOS (ndlr: inventaire fédéral des sites construits d’importance nationale à protéger en Suisse). «Attention, nous ne sommes pas contre l’idée d’une patinoire en soi, précise celle qui est aussi grand-maman. Mais pas à cet endroit.»
En plus d’un «non-respect» d’une décision judiciaire, Anne-Lise Knopf dénonce une «incohérence». «La Municipalité autorise une telle structure pour plusieurs mois sur ce site, alors même qu’elle refusait d’y replanter des arbres, et ce au motif qu’ils gâcheraient la vue!», bouillonne la présidente de l’association. Pro Riviera souhaitait en effet le retour du «mail», ce groupe d’arbres tronçonnés en 1999 pour laisser la place à l’arène de la Fête des Vignerons.

Pas le même cas de figure
Alors, cavalière au point de s’asseoir sur la justice, la Ville de Vevey? Visiblement pas. «Contrairement au projet annulé par le Tribunal cantonal en 2014, il s’agit d’une construction mobilière temporaire d’une durée de moins de trois mois, et qui n’a pas vocation à être renouvelée», explique Antoine Dormond, municipal chargé de l’urbanisme. Selon l’édile, elle est autorisée dans le cadre d’une procédure POCAMA (Portail Cantonal des Manifestations). «Elle est intégrée à Riviera Noël», précise-t-il.
Quant à savoir pourquoi la glace n’a pas pris ses quartiers au Jardin du Rivage comme d’habitude, l’édile s’en explique. «Il s’agissait de ne pas entrer en conflit avec le collège modulaire qui doit prendre place à cet endroit (voir p. 09).»
Pro Riviera agira-t-elle pour obtenir à nouveau gain de cause? «Nous sommes actuellement en réflexion pour savoir quelle suite donner à cette affaire», répond sa présidente Anne-Lise Knopf.

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