La plage de la Maladaire est en pleine métamorphose

Excavation, pose de rochers d’une à deux tonnes en guise de soutien et remblaiement avec des graviers et galets de différentes tailles: le chantier titanesque doit durer jusqu’en avril. | R. Brousoz

La Tour-de-Peilz
Lancés il y a un mois, les travaux visent à recréer une grève de galets. Le public aura plus de place pour poser son linge, les poissons un milieu plus favorable pour déposer leurs œufs.

Les chenilles en partie immergées, la pelle mécanique va et vient le long de la grève. Pas de quoi cependant émouvoir ce couple de colverts occupé à brouter des algues. Un mois après le début des travaux, la plage de la Maladaire est devenue méconnaissable. Le chantier lancé le 12 janvier n’a – pour l’heure – réservé aucune mauvaise surprise. «Au contraire, alors qu’il était prévu de tomber sur de la molasse, il y a une couche de sédiments, ce qui nous facilite la tâche», se réjouit Maximilien Walter, chef du Service urbanisme et travaux publics de La Tour-de-Peilz.

Très courue à la belle saison, bordée d’un camping et d’un restaurant, la petite plage boélande est redessinée sur une centaine de mètres de long. Jusqu’à présent, la baignade se faisait via des petits escaliers encastrés dans un mur de soutènement. Cet accès abrupt disparaîtra au profit d’une grève de galets en pente douce, un peu comme celle qui existait encore dans les années 1940. Une transformation chiffrée à environ 340’000 francs, et qui sera subventionnée à 95% par le Canton et la Confédération.

«L’objectif est double, rappelle le responsable communal. Il s’agit d’offrir davantage de surface au public, mais également de favoriser la fraie des poissons.» C’est d’ailleurs l’intervention d’une élue au Conseil communal en 2022, Maria Luceron, qui a servi d’impulsion à cette mue. Elle-même s’inspirait de l’Association le «Chemin des galets», qui œuvre pour la recréation de grèves naturelles en faveur de la faune piscicole.

De l’huile biodégradable
Aussi impressionnant que rare sur les rives lémaniques, ce grand remodelage devrait se terminer à la mi-avril. Des pelles mécaniques pleines d’huile et d’essence trempant dans l’eau… N’y a-t-il pas de risques pour l’environnement? «Ce sont des engins homologués, spécialement équipés pour des travaux aquatiques, rassure Maximilien Walter. Leur huile est biodégradable et les réservoirs d’essence sont renforcés.»
En plus de cette grève – le long de laquelle seront plantés des arbres – la Commune a également procédé au remplacement d’une vieille conduite de rejet des eaux claires (eaux de pluie recueillies dans les milieux bâtis). D’autres aménagements sont aussi prévus pour faire face à la fréquentation en hausse du site, comme la création de conteneurs enterrés, l’ajout d’un WC public supplémentaire pour la période estivale ou la pose de «pavés-gazon» pour faciliter le stationnement des camping-cars.