La présence de Clément Leu à une soirée PLR fait tiquer

Montreux
Le directeur de l’Association Sécurité Riviera interviendra dans un événement organisé par la section libérale-radicale montreusienne. En pleine campagne électorale, la démarche interroge.

Le renforcement de la sécurité en Suisse: c’est l’un des grands thèmes désormais défendus par le PLR. Pas étonnant donc que la section libérale-radicale de Montreux-Veytaux organise une conférence intitulée «Sécurité publique et bien-vivre ensemble à Montreux». Elle aura lieu ce jeudi soir 12 février à Clarens. À l’affiche notamment? Deux pontes du parti: la conseillère nationale Jacqueline de Quattro et la présidente du PLR Vaud Florence Bettschart-Narbel.

Autre intervenant annoncé à cet événement de campagne: Clément Leu, tout frais directeur de l’Association Sécurité Riviera (ASR). Si le thème peut justifier sa présence, la publicité faite pour cette soirée n’a pas plu à tout le monde. Car sur sa page officielle Facebook, l’ASR – organisation publique politiquement neutre – a relayé l’annonce de cette conférence estampillée PLR. «Cette publication semble constituer un détournement du canal institutionnel. Elle crée une apparence de soutien politique, même sans intention explicite», a commenté le Veveysan Laurent Noirot, administrateur de la page citoyenne «Bonjour la Municipalité».

Le post en question a rapidement disparu de la page de l’ASR. «Il a été retiré dans un souci d’apaisement», explique son directeur Clément Leu. «Il s’agissait simplement d’éviter toute interprétation erronée quant à la neutralité politique de notre association. Bien qu’organisée par le PLR, cette conférence est ouverte à l’ensemble du public et notre intervention ne concernera que des sujets relevant de la sécurité publique à Montreux.» À ce titre, selon lui, relayer ce rendez-vous s’inscrivait dans «la mission d’information de l’ASR».

Un «devoir de réserve» à respecter?
Au-delà de ce «détail» de communication, certaines voix questionnent la présence même de Clément Leu à cette conférence. C’est le cas de la députée veveysanne Joëlle Minacci, qui a interrogé ce mardi 10 février le Conseil d’État. «Le fait que M. Leu soit un cadre étatique appelle à un certain devoir de réserve», estime l’élue de décroissance alternatives, qui évoque des «risques d’instrumentalisation partisane». À l’heure où le Gouvernement vaudois devait y répondre, votre journal était déjà en route pour l’imprimerie.

Qu’en pense le principal concerné? «Lors de cette soirée, je n’évoquerai que des éléments factuels, comme les missions de l’ASR, la situation sécuritaire de la commune ou la présentation de nos différents métiers, expose Clément Leu. Aucun message à caractère politique ne sera bien évidemment délivré.» Et d’ajouter: «Il me tient à cœur d’être disponible pour présenter l’action de l’ASR, et ce indépendamment de l’organisateur. À condition que les idées qu’il prône soient conformes aux principes de notre état de droit.»