La rue de Jérusalem se raconte

Stéphane Montangero, Cynthia Roulin et Frédérique Rebetez (de g. à dr.), aux côtés de quelques élèves de 7P qui ont participé au projet. | M. Roulin

Aigle
Un dispositif sonore original donne l’occasion de redécouvrir ce lieu magique mais méconnu à travers les mots d’une classe de 7P.

Demandez à un Aiglon de cœur de citer les rues les plus emblématiques de sa ville. Inévitablement, celle de Jérusalem, avec ses pavés, ses balcons traversants, son air d’un autre temps, apparaîtra en tête de liste. 

Mais les histoires d’antan, on le sait, ont vite fait de tomber dans l’oubli si on ne les raconte plus. Le municipal Stéphane Montangero admet d’ailleurs avoir fait le constat que de nombreux jeunes ne connaissent pas cette rue. Il faut dire qu’ils ne fréquentent pas forcément la Braderie à fin septembre ou le Marché de Jérusalem de novembre, les deux principales occasions où elle sort de l’ombre.

Pour y remédier, deux drôles d’engins ont pris racine à l’entrée de la venelle historique, côté avenue de la Gare. Les deux arches blanches, une grande et sa petite sœur, offrent depuis une semaine l’occasion de se rappeler à ses bons souvenirs. Développé par la société Losonnante (prononcez «l’eau sonnante»), le dispositif permet d’écouter une histoire créée par une classe de 7P grâce à une technologie de son directionnel: seul l’utilisateur peut entendre. Comment? En appuyant ses coudes au bon endroit et en se bouchant les oreilles avec les poignets.

«C’est l’histoire d’un géant, explique Serena, l’une des élèves autrices. Sa molaire tombe dans un trou et crée les Dents-du-Midi, et la dent finit par cacher la lumière de la rue de Jérusalem.» On n’en dira pas plus sur les 3 minutes de récit, pour ne pas gâcher la surprise.

Des enfants «citoyens»

«Cette idée d’animation a éclos après les ateliers participatifs organisés avec les habitants et les propriétaires, explique Cynthia Roulin, cheffe du Service de l’urbanisme de la Ville. Le constat était qu’on y voyait peu d’enfants. Nous avons donc voulu les remettre au cœur des réflexions.»

Pour la directrice des écoles Frédérique Rebetez, il s’est agi «d’une jolie opportunité pour les élèves de participer en tant que citoyens et de nous faire profiter de leur créativité. Le patrimoine n’est pas seulement un témoignage du passé, c’est quelque chose à transmettre». 

La «Losonnante», qui pourra servir dans le cadre d’autres projets ou manifestations aiglons, est présentée comme une première étape dans les efforts de redynamisation de la rue de Jérusalem. Plusieurs réflexions sur l’animation, l’éclairage et la végétalisation sont en cours.