La Suisse est-elle « handi-friendly? »

Vevey
Cinq intervenants ont partagé leurs expériences lors d’une table ronde à la bibliothèque municipale. Leur constat? L’accessibilité reste un obstacle majeur dans le quotidien des personnes en situation de handicap.

Le camping sauvage est-il en train de devenir un problème sur la Riviera? C’est en tout cas ce que laisse entendre une élue montreusienne. Conseillère communale sous la bannière Montreux Libre, Susanne Lauber Fürst est intervenue à ce sujet jeudi dernier, lors de la séance du Conseil intercommunal de l’Association Sécurité Riviera (ASR). Dans son collimateur: des «camping-cars stationnés de manière permanente sur les parkings publics», et ce parfois pendant plusieurs semaines. Une pratique pourtant interdite par le règlement de police. 

En guise d’exemple, elle cite le cas du parking de la piscine de la Maladaire. «Je constate que des campeurs s’installent pour l’été, équipés de générateurs et accompagnés de leurs animaux», dit-elle. Une présence qui crée selon elle une «pression supplémentaire» sur les espaces de stationnement aux alentours de la piscine et du Léman. «Sans compter que les travaux de réfection de la route du lac à Clarens mobilisent depuis 2023 de nombreuses places pour le stockage de matériel et de machines.»

Phénomène accru pendant le Jazz?

Fervente habituée de la plage du même nom, Amélie* témoigne de ces pratiques. «Des vans souvent en mauvais état stationnent face au parc de l’Europe. Leurs occupants font des grillades et vont se baigner.» Un stationnement longue durée qui péjore d’autres usagers des lieux. «Un jour, j’ai vu une dame qui voulait amener ses enfants à la piscine, mais ne trouvait pas de place.» 

Selon elle, la présence de ces véhicules habités s’accroîtrait pendant la période du Montreux Jazz Festival. «Je ne veux pas être discriminante, mais on constate qu’il s’agit souvent de plaques espagnoles. Viennent-ils pour travailler dans le coin?», s’interroge-t-elle.

D’autres endroits de la région seraient également devenus, à la belle saison, des emplacements de choix pour les maisons roulantes. «Des habitants m’ont également signalé une situation similaire sur le terrain du gymnase de Burier durant les vacances d’été», indique Susanne Lauber Fürst. «Le camping sauvage en bordure de chemins forestiers et dans les forêts elles-mêmes pose passablement de problèmes.»

Pouvoir amender directement

L’élue montreusienne propose de changer le cadre légal, afin de permettre aux forces de l’ordre d’agir directement. «Pour verbaliser, les agents de Police Riviera doivent établir un rapport de dénonciation en bonne et due forme. Ce qui nécessite – il semble – la présence des campeurs pour constater l’infraction.» Selon elle, il faudrait donc modifier la Loi cantonale sur les amendes d’ordre communales, en ajoutant une contravention spécifique pour le «camping non-autorisé». 

Justement, la police a-t-elle constaté une augmentation de cette pratique au cours des dernières années? Contactée lundi, l’Association Sécurité Riviera n’était pas en mesure de nous fournir d’indications à ce stade. «Cette interpellation déposée fera l’objet d’une réponse écrite par notre comité de direction lors de la prochaine séance du Conseil intercommunal prévue le 26 juin prochain», indique sa porte-parole Dounya Schürmann-Kabouya.