La vidéosurveillance soumise au vote populaire

De nombreux dealers quadrillent le quartier de la gare à Vevey, ici entre le bar le 5ème, la Coop et la gare (20.12.2022).  | C. Dervey – 24 heures

Vevey
L’assemblée délibérante a fini par accepter jeudi dernier le dispositif proposé par la Municipalité, tout en décidant de soumettre le projet à la population.

Il aura fallu plus de deux heures de débat pour arriver à une décision. Il faut dire que l’enjeu était de taille: accepter ou non la pose de 44 caméras de vidéosurveillance dans le quartier de la gare. Les conseillers communaux ont accepté, par 52 voix pour, 30 non et 3 abstentions, l’installation du dispositif visant à lutter contre le deal de rue, les incivilités et le sentiment d’insécurité dans le quartier de la gare. 

Le PLR, l’UDC, Le Centre – Les Vert’libéraux et le PS ont soutenu le projet. «Ce dispositif propose un outil pensé dans un système global, ce n’est pas une solution miracle», a défendu la socialiste Marion Houriet. Vevey Libre et les Verts étaient plus divisés. 

Décroissance alternatives et En Avant Vevey! s’y sont opposés, et ont soutenu le rapport de minorité. «La vidéosurveillance ne dissuade rien, c’est un fantasme, a insisté l’élu (da.) Adrien Colin. Un placebo à 800’000 francs, c’est un remède miracle trop coûteux!» 

Un outil pour la police?

Pour les autorités, la vidéosurveillance est un outil supplémentaire au travail de la police, afin d’identifier des auteurs d’infractions et fournir aux autorités des moyens de preuves supplémentaires en cas de poursuite pénale. «Ce projet est en adéquation avec la politique des quatre piliers, en matière de lutte contre le trafic de drogues», a rappelé la municipale chargée de la cohésion sociale Gabriela Kämpf.

Un argument peu convaincant, selon Pierre Chiffelle (da.). «Ces images ne sont accessibles qu’en cas de plainte pénale. Le deal de rue n’est donc pas visé. Il faut mettre des moyens financiers ailleurs, dans une présence policière accrue notamment.» Un aspect également soulevé par Jérôme Christen (VL). «Pouvons-nous dépenser une somme pareille pour se donner bonne conscience?»

Autrice du postulat «Insécurité à la Gare», l’élue Anna Iamartino (PLR) est restée sur sa position. «Le dépôt de ce texte remonte à 3 ans, la situation s’est même aggravée depuis. Il est temps de stopper le deal de rue. La sécurité des citoyens est une priorité.» Bastien Schobinger (UDC) partage ce constat. «Ces caméras protégeront la porte d’entrée principale de notre ville. Il s’agit d’un outil pour la police et la justice pour démanteler les trafics.»

L’assemblée a plébiscité l’organisation d’un référendum spontané, afin que la population veveysanne puisse se prononcer sur le sujet.

Par son acceptation du projet, le Conseil communal a aussi soutenu le renforcement de mesures sociales, en complément du dispositif de surveillance, comme l’augmentation des effectifs du pôle du Travail social de proximité.