
Yves Marclay va passer de la direction de RegionAlps à celle du MOB. | RegionAlps
«Je ne me retourne jamais quand j’entends un avion, mais toujours lorsqu’il s’agit d’un train», s’amuse Yves Marclay. Le dynamique Bouvéroud sera le prochain directeur de la mythique compagnie Chemin de fer Montreux Oberland bernois SA (MOB), dont toutes les entités sont regroupées à Montreux.
Né à Monthey, il y a 47 ans, Yves Marclay dirige actuellement la centaine d’employés de RegionAlps, dont les trains relient Brigue à Saint-Gingolph, en passant par Orsières et Le Châble. «Je suis heureux de pouvoir rester dans ma région de cœur, le Chablais, et de travailler sur la Riviera, que j’apprécie tout particulièrement.»
Attablé «Chez Alisa», au Bouveret, il peut presque apercevoir par la grande baie vitrée son futur bureau qu’il intégrera en juin. Il remplace Georges Oberson qui part à la retraite. Là, il boit un café avec deux de ses employés qui vont quitter le terminus et rembarquer dans un convoi du RegionAlps.
Ce serait peu de dire que Yves Marclay est un passionné de trains. «J’ai eu mon premier job d’été au Swiss Vapeur Parc… à 12 ans. Je chauffais et je conduisais les trains miniatures.» Le parc de chemin de fer du Bouveret est, avec le site d’Aquaparc, l’attraction majeure du village lacustre. Apprenti chauffeur il y a 35 ans, Yves Marclay, préside la fondation, la société et le club du Swiss Vapeur Parc.
Après l’obtention de la maturité à Saint-Maurice, le jeune Marclay se lance dans des études d’ingénieur à l’École polytechnique fédérale de Lausanne, d’où il repart avec un diplôme d’ingénieur en génie mécanique. «J’ai décroché mon premier emploi dans un bureau spécialisé près de Thoune. Je travaillais à la transformation du matériel roulant et à l’optimisation
de la maintenance. C’étaient aussi les prémices de l’informatisation. Nous œuvrions ici notamment pour… le MOB», poursuit celui qui se qualifie en rigolant de «ferroviphile ou ferrovipathe».
D’ingénieur à dirigeant
Rapidement, sa direction le dédie presque à 100% et pendant des années au service des Chemins de fer fédéraux. «Là, j’ai travaillé sur des systèmes d’alarme et de protection incendie, notamment pour les grands tunnels. Puis j’ai été engagé aux CFF en 2009, à l’acquisition du matériel roulant et à la modernisation du parc ferroviaire de la région de Zurich. Et enfin à la direction opérationnelle de la flotte des véhicules internationaux.»
Du coup, le Valaisan veut aller encore plus loin. Enthousiaste et déterminé, Yves Marclay aime le contact, mener une équipe, rassembler les gens. «C’est peut-être aussi pour cela que je suis si attaché aux chemins de fer. Chacun est un maillon indispensable qui fait avancer la machine. Du directeur au mécanicien, on a besoin de tout le monde. Seul, ça ne marche pas.»
Alors, il décide de suivre une autre formation en parallèle et en allemand à Saint-Gall. Il y décroche un Master en management. De la table de l’ingénieur à celle de directeur, il n’y a qu’un pas qu’Yves Marclay franchit en 2016 en prenant le volant de RegionAlps, trait d’union entre son Chablais chéri et le reste du Valais. «C’est le train de mon enfance!»
Heureux durant plus de huit ans dans cette compagnie, Yves Marclay voit dernièrement l’opportunité de décrocher un nouveau défi avec la mise au concours du poste de directeur du MOB. Qu’il obtient. «Outre le trafic pendulaire, je me vois aussi donner l’occasion de travailler pour le tourisme de toute la région, avec un outil exceptionnel. Le MOB, c’est plus de 400 employés et un chemin de fer totalement intégré.»
Papa, nageur, voyageur
Yves Marclay, souriant, ouvert, est père de deux jeunes enfants. Il commence à leur faire découvrir la Suisse à bord de wagons. Lui-même visite l’Europe continentale et sillonne l’Angleterre sur des voies ferrées. «Le train fait presque toujours partie du voyage.» Ce capitaine à l’armée aime le ski, les courses en montagne. Il est depuis la prime enfance passionné de natation. «Il m’est arrivé de prendre un train pour Marseille, de nager dans la Méditerranée… et de rentrer le soir (rires).»
Le Chablaisien se dit satisfait par le maillage des transports dans l’Est vaudois et le Bas-Valais, qui abritent plusieurs compagnies. Rassembleur, il est adepte du désenclavement et plaide pour la réouverture entre Saint-Gingolph et Evian du chaînon manquant autour du Léman, constitué par les 16 km de voie ferrée à l’arrêt depuis perpète. «Le développement des transports lacustres entre les trois Chablais et la Riviera est aussi très important.»
Ardent défenseur du service public, il insiste sur la nécessité de toujours avancer, imaginer des solutions, pour le confort, le service et la sécurité des passagers. «L’amélioration et la modernisation du matériel roulant, et, en parallèle, le développement ponctuel du réseau qui permet d’augmenter les cadences, sont absolument déterminants.»
