Le budget passe, mais les lignes se tendent

Montreux
La copie proposée pour 2025 a été validée. Mais avec un déficit de 4 mios et une marge d’autofinancement négative, le ton se durcit.

«Nous poursuivons la maîtrise de nos coûts tout en limitant nos investissements au strict nécessaire.» À l’annonce du budget 2025 proposé au délibératif, la Municipalité reste optimiste, malgré un contexte économique qu’elle qualifie de «toujours difficile».
Suffisant pour convaincre l’audience? Pas tout à fait. Une partie du plénum, principalement la droite, a souligné mercredi dernier une situation peu enviable au niveau des finances communales. Sur une enveloppe globale de 172 mios, le déficit prévu à hauteur de 4 millions, et surtout la marge d’autofinancement négative de plus de 900’000 francs, a fait grincer des dents.
«Les années passent et nous travaillons à chaque fois de nombreuses heures pour élaborer ces budgets. Mais comment accepter cette version pour 2025? Il y a certes un prix pour tout, mais cela ne doit pas être au détriment du citoyen», s’exclame Christine Menzi. L’élue UDC s’inquiète «d’une marge d’autofinancement qui n’avait pas été négative depuis très longtemps» ainsi que des «déductions sociales généreuses».
Le PLR fait le même constat, tout en précisant que cette situation résulte aussi de la progression des charges. «Il y avait une bonne maitrise jusqu’en 2022, mais là, l’augmentation des dépenses devient démesurée (ndlr: +6,4% par rapport au budget 2024)», lance Claude-Pascal Gay.
Alors que Montreux Libre est plutôt partagé sur la question, la gauche défend ce budget. «Il y a eu à nouveau un effort pour maintenir les coûts et la Municipalité n’a pas non plus mis en danger les prestations sociales, relève Romain Pilloud (PS). Oui, nous avons une marge d’autofinancement négative, mais n’oubliez pas qu’une partie de cet hémicycle a aussi refusé la taxe sur les déchets, ainsi que la nouvelle répartition de la facture de l’ASR. Sans ça, cette marge serait positive!»
De son côté, décroissance alternatives estime que «les charges sont raisonnables au vu des recettes escomptées».
Le syndic Olivier Gfeller a quant à lui rappelé que «malgré des derniers budgets déficitaires, Montreux est restée bénéficiaire ces dernières années lors du bouclement des comptes. Comment justifierions-nous ainsi une politique d’austérité auprès de la population?» Après cet échange gauche-droite, le budget est finalement accepté à la majorité (51 oui, 32 non et 9 abstentions).