«Le chanteur n’est plus un homme qui monte à sa vigne»

L’Helvétienne d’Aigle et la Chanson des Resses d’Yvorne lors de journée de la Société cantonale des chorales vaudoises. | DR

Chorales vaudoises
La faîtière vaudoise était à Aigle ce week‑end. L’occasion de poser quelques questions à Yolande Hedinger, représentante de l’Est vaudois.

Un peu de formalités, mais surtout du chant et des jubilaires. L’assemblée générale des délégués de la Société cantonale des chorales vaudoises (SCCV) a joint l’utile à l’agréable ce dimanche à la salle des Glariers d’Aigle. À la baguette, les chœurs mixtes «La Chanson des Resses» d’Yvorne et «l’Helvétienne» d’Aigle. Yolande Hedinger, membre du comité SCCV, chante dans la première.

Yolande Hedinger, comment se porte la SCCV?

– Bien, avec une certaine stabilité dans l’évolution des effectifs. La société compte 61 chorales dans les quatre régions du canton – Nord, Ouest, Centre, Est – pour environ 1’900 chanteuses et chanteurs. Toutes les chorales vaudoises ne sont toutefois pas affiliées.

Le mouvement choral reste-t-il une tradition bien ancrée?

– Oui, même s’il ne faut plus forcément se représenter un travailleur en costume vaudois qui monte à sa vigne. Le chant traditionnel n’est de loin pas le plus désagréable, mais le cliché n’est plus d’actualité. Et nous sommes poussés à nous adapter.

Comment?

– Notamment en persévérant avec les chœurs d’enfants, en travaillant à des solutions avec l’école, pour essayer d’intéresser au chant dès le plus jeune âge, même si beaucoup rêvent plutôt de chanter à The Voice (rires).

Les répertoires ont aussi dû s’adapter…

– Absolument. À la Chanson des Resses, par exemple, nous avons une équipe de jeunes qui ne fait pas partie intégrante de notre société, mais qui revient chaque année depuis dix ans à notre soirée avec des chansons de leur choix. Autre exemple à Roche: la Chanson des Roseaux monte régulièrement des comédies musicales. Ou le chœur FM’Air, à Vevey, qui s’essaie à un répertoire très différent. On chante aussi des chants de l’abbé Bovet, mais on essaie de ne pas avoir que ça.

Et l’Est vaudois dans tout ça?

– On a un bassin de population plus petit, donc moins de chorales. Nous en comptons 11 qui sont membres. Mais pour le reste, c’est relativement similaire, nous n’avons pas à rougir.

La clé est d’avoir le bon directeur ou la bonne directrice?

– Oui, même si c’est parfois un peu compliqué. Tous sont professionnels et beaucoup basés autour de Lausanne. Cela dit, à Yvorne, notre directrice s’apprête à nous quitter et nous avons reçu huit offres.

Quid de la présence des femmes dans les chœurs?

– Nous avons changé notre appellation l’an dernier: de Société cantonale des chanteurs vaudois à «chorales vaudoises», pour que ce soit moins connoté masculin. Les chœurs de dames, il n’en reste plus qu’un à Renens. Ce sont soit des chœurs d’hommes, soit des chœurs mixtes. Dans ces derniers, on peine à avoir assez d’hommes. Ils aiment probablement chanter entre eux (rires). Sans compter que, selon leur timbre de voix, cela marchera moins bien dans un mixte.

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