Le futur parking de l’EMS fait des remous

L’EMS de Chernex est situé en plein cœur du village. Il prévoit 43 lits, un centre d’accueil temporaire de 12 places, une crèche de 34 places, une pharmacie et un parking souterrain de 90 places.  | X. Crépon

Chernex
Le bâtiment prévoit 90 places, dont 25 communales. La Municipalité a demandé un crédit supplémentaire pour les équiper. Une proposition qui a choqué une partie des élus.

La construction de l’établissement médico-social de Chernex se poursuit au rythme des perceuses et autres défilés de camions. Débutée fin 2024, elle doit se terminer à l’horizon du printemps 2027 pour un coût total de 37 millions de francs. La structure a pris progressivement forme et le voisinage voit désormais la taille imposante du nouveau venu dans le quartier.

Mais mercredi dernier, c’est un élément pas forcément visible aux yeux de tous qui s’est invité sur le devant de la scène politique. La Municipalité de Montreux est venue avec une demande de plus de 400’000 francs devant le Conseil communal, afin d’équiper et d’exploiter les places de parking dont elle sera propriétaire au sein de cet EMS.

Pour rappel, les élus avaient déjà validé il y a deux ans l’achat de 25 places – dont 9 munies de bornes de recharge – sur les 90 que comptera le complexe, pour 1,75 million de francs. La Fondation Eben-Hézer proposera à la population une partie de ses places privées dont elle n’a pas besoin pour son propre usage, sous forme de location de longue durée par abonnement, tandis que la Commune prévoit pour ses places publiques une tarification à l’heure. Mais seul l’achat des places non équipées était compris dans ce premier prix.

L’Exécutif a donc sollicité un crédit supplémentaire, afin de financer différents éléments comme la défense incendie, la ventilation, un ascenseur, l’éclairage, la vidéosurveillance, la signalétique, le marquage au sol, ou encore les bornes de recharge. Le hic? Une majorité du corps délibérant pensait avoir déjà tout financé avec l’acceptation du préavis en 2024.

Un surplus surprenant

«Avec tous ces éléments non compris initialement, peut-on encore parler de places de parking?», questionne Simon Lepêtre (PLR), premier à décocher une flèche lors de ce long débat. Son groupe rappelle être favorable à l’apport de nouvelles places de parc à Chernex, mais pas à n’importe quel prix. «Arriver avec une dépense de cette proportion deux ans après est inacceptable, estime son camarade de parti Samuel Roch. En gros, on nous dit ce soir qu’on n’a pas d’autres choix que de l’accepter, sinon ces places deviendraient inutilisables.»

Remonté, l’élu libéral-radical propose un amendement vidant totalement le préavis de sa substance, tout en préconisant d’annuler le crédit accepté en 2024. Une modification probablement irrecevable, selon le président de l’assemblée Lionel Moyard, qui avait au préalable sollicité la Direction générale des affaires institutionnelles et des communes, ainsi que le préfet sur la question.

Peu importe pour l’UDC qui soutient cette proposition. «On est surpris par cette coupure en deux préavis! La majorité du Conseil n’a pas compris à l’époque qu’on reviendrait avec des coûts supplémentaires. On doit accepter cet amendement pour montrer qu’on n’est pas contents!», tonne Tal Luder.

Du côté de la gauche de l’hémicycle, les Vert·e·s déplorent le prix, mais considèrent qu’un refus serait d’une absurdité totale. Le parti socialiste, via son futur municipal Romain Pilloud, se dit aussi étonné, mais rappelle le risque en cas de refus du préavis: «Se retrouver avec une partie de ce parking vide et inexploitable sur les bras, alors qu’il devra bien être aménagé un jour, potentiellement à un coût plus élevé.»

Décroissance alternatives avait quant à lui déjà refusé le financement de ces places en 2024 et souhaite toujours favoriser des solutions de transports publics performantes et une sécurisation accrue des modes de déplacement doux.

Enfin, Montreux Libre souligne de potentielles longues procédures qui desserviraient tout un village en cas d’acceptation de l’amendement. «Les habitants et les commerçants souffrent déjà des nuisances provoquées par ce chantier depuis un bon moment, martèle Emmanuel Gétaz. Ces places doivent être opérationnelles dès que possible!»

Retour à la case départ?

L’amendement passe finalement de justesse (38 oui, 35 non et 10 abstentions). Face à un risque d’irrecevabilité, le syndic Olivier Gfeller a exceptionnellement demandé une interruption de séance d’un bon quart d’heure, avant d’annoncer le retrait du préavis global.

Quelle sera donc la suite de ce dossier? «Difficile de vous répondre en l’état», souligne le municipal des bâtiments Caleb Walther. Contacté après la séance, l’édile explique qu’il n’y a pas encore de «stratégie clairement définie», mais que le point devra de toute façon être fait avec les différents groupes politiques et la Fondation Eben-Hézer.