
C’est en lieu et place des villas et du dépôt situés au premier plan que doit être construite cette cinquantaine de nouveaux logements. | oZimages
Lors de sa présentation en février 2024 devant le Conseil communal, il avait déjà récolté une bonne dose d’applaudissements. Mardi dernier, c’est un adoubement en règle que le Plan d’affectation «En Crausaz» a reçu de la part des élus. Ce projet, qui prévoit la construction de six immeubles locatifs à côté de la «Bosse» de Blonay – un vaste pré situé à l’entrée du village – a été accepté par 55 oui, 5 non et 5 abstentions.
Cette cinquantaine de logements doit être édifiée sur un terrain de 9’500 m², en lieu et place de cinq villas (voir édition 144, 6 mars 2024). Porté par les propriétaires de ces parcelles, parmi lesquels figure le paysagiste Stéphane Krebs, le projet vise également à remodeler le dépôt de l’entrepreneur blonaysan pour le réaménager en grande partie en sous-sol.
«Actuellement, il y a une population de moins de 10 habitants sur ces surfaces situées en plein centre. Ce serait une aberration que de refuser ce projet», a plaidé le municipal Thierry George. «Nous sommes dans ce que la LAT définit comme une bonne densification au bon endroit.» Les familles blonaysannes à l’origine de ce projet se sont engagées auprès de la Municipalité «à réaliser des logements dans le respect d’une mixité sociale pour la population locale».
Mardi dernier, l’édile PLR a également répondu aux inquiétudes de certains riverains et opposants, qui craignent que ce nouveau quartier n’augmente le trafic sur le chemin de Champ Belluet. Face à ce risque, cette étroite artère de 450 mètres, qui relie la route de Vevey à celle de Saint-Légier, pourrait être transformée en impasse. «Nous avons pris contact avec le Canton, nous devons réaliser une étude pour appuyer cette mesure», a fait savoir Thierry George.
Désapprouvé par les Verts
Plusieurs critiques sont venues des rangs des Verts, formation qui signe l’une des quatre oppositions ayant visé le projet lors de sa mise à l’enquête. L’élu écologiste Yves Filippozzi a notamment souligné que, d’après l’affectation en vigueur, le terrain en question «n’était pas en zone à bâtir». «Le plan directeur intercommunal sur lequel s’appuie la Municipalité n’a pas encore été adopté, il n’est donc pas applicable», a-t-il ajouté. «Le fait qu’il soit déjà passé en consultation au Canton en fait une planification à prendre en compte», a rétorqué Thierry George.
Les Verts n’ont pas été suivis dans leur demande de soumettre spontanément ce projet au vote populaire. Un référendum sera-t-il tout de même lancé via une récolte de signatures? C’est l’une des inconnues qui planent encore sur ce futur quartier d’une centaine d’habitants. Tout comme, également, d’éventuels recours au Tribunal cantonal de la part des opposants.
