
Eric Giroud, photographié ici en 2017, était arrivé quatre ans plus tôt dans une structure en pleines turbulences. | C. Dervey – Archives 24 heures
Le SIGE, l’association qui assure notamment la distribution d’eau potable sur la Riviera, doit prendre congé de son directeur Eric Giroud. «Un retour dans ses fonctions n’est désormais plus envisageable», a-t-il été annoncé le 31 octobre aux membres du Conseil intercommunal.
En retrait depuis janvier dernier pour cause de maladie, le responsable de 61 ans se voit contraint de quitter son poste, son état de santé n’ayant «pas évolué favorablement». Le Blonaysan aura passé une dizaine d’années à la barre de cette structure qui emploie quelque 120 personnes, et qui gère aussi l’abattoir de Clarens, ainsi que le traitement des eaux usées d’une vingtaine de communes alentour.
Contacté en fin de semaine dernière, Eric Giroud n’était pas en état de répondre favorablement à notre sollicitation.
Arrivé au beau milieu de la tempête
Président du Comité de direction – l’organe politique exécutif du SIGE – le municipal montreusien Caleb Walther ne cache pas son émotion. «À titre personnel, c’est une situation qui me pèse, car je me suis toujours très bien entendu avec M. Giroud. Nos échanges réguliers, plus que hebdomadaires, étaient précieux et je suis triste de le savoir atteint dans sa santé.»
L’écologiste qualifie de «très bon» le bilan de ce dernier, rappelant qu’il était arrivé dans un «contexte de crise». Existence d’une caisse noire, suspicions de cas de harcèlement et ancien directeur remercié: l’année 2013 n’avait effectivement pas été des plus calmes pour la structure intercommunale.
«Eric Giroud a su mettre davantage de professionnalisme dans la gestion de l’entreprise, salue Caleb Walther. Il y a notamment eu un gros travail de formation des cadres.» Dans une interview accordée à 24 heures lors de son entrée en fonction, l’ingénieur franco-suisse venu du secteur médico-pharmaceutique se définissait lui-même comme «un homme d’action, pas un rentre-dedans».
Missions accomplies malgré tout
Malgré l’absence de son capitaine depuis bientôt une année, le SIGE a pu poursuivre ses activités. «Aucun projet majeur n’a pris de retard», rassure le municipal, qui cite pêle-mêle le dossier de la future STEP régionale prévue à Noville, l’avenir de l’abattoir de Clarens et l’entretien du réseau d’eau potable. «Grâce à l’engagement du Comité de direction et des chefs de services, nous avons pu maintenir des conditions propices pour que l’ensemble des missions soient accomplies.»
Certains projets «secondaires» ont toutefois dû être mis entre parenthèses, reconnaît Caleb Walther. «Chaque année, nous menons des campagnes de promotion pour la consommation de l’eau du robinet. C’est par exemple quelque chose que nous avons dû mettre de côté.»
Nouveau visage attendu pour mars
La procédure pour trouver un ou une successeure à Eric Giroud est en cours. Lancée le 18 novembre, la mise au concours courait jusqu’au 12 décembre. «Nous avons reçu plus d’une centaine de dossiers», indique l’édile. Profil recherché? «Une personne qui possède des compétences reconnues en gestion d’entreprise, tout en étant proche des milieux techniques. Il s’agit de pouvoir dialoguer de manière constructive avec les chefs de services et superviser les projets.»
Le nom du nouveau ou de la nouvelle directrice du SIGE devrait être connu d’ici à fin mars 2025. «Si sa santé devait le lui permettre, Eric Giroud nous a fait savoir qu’il se tiendrait à disposition pour faciliter la transition», précise Caleb Walther.
