Le nouvel horaire du MOB fâche de nombreux habitants

La disparition de certains trains entre Chernex (photo) et Les Avants, notamment en début de soirée, impacte le quotidien des jeunes dans les villages des hauts de la Riviera.  | R. Brousoz

Montreux
Moins de trains, des arrêts supprimés: la réduction de l’offre opérée en décembre par la compagnie entre Chernex et Les Avants passe mal. Une pétition a été lancée.

Le changement d’horaires opéré par le MOB le 14 décembre dernier n’est pas du goût de tout le monde. Dans les villages de Sonzier, Chamby, Sendy-Sollard, Les Avants et dans le Vallon de Villard, des habitants ont dégainé leurs stylos pour rédiger une pétition. Lancé par deux habitantes de Sonzier, rejointes par la Société des intérêts des Avants, le texte aurait déjà rassemblé près de 400 signatures en ligne et sur papier, selon les pétitionnaires. Il doit être transmis aux autorités d’ici à la fin du mois. 

Ce qui fâche? La disparition de certains trains entre Chernex et Les Avants, notamment en début de soirée. Dès 18h sur ce tronçon, la fréquence est réduite à un train par heure. Un problème notamment pour les jeunes qui ont des activités extra-scolaires à Montreux. «Auparavant, mes adolescents pouvaient remonter avec le MOB toutes les demi-heures, explique Véronique Monnet, habitante des Avants. Avec ce nouvel horaire, ils arrivent une heure et quart après la fin de leur activité, pour un trajet qui prend 20 minutes en voiture. C’est absurde!»

Elena Mugellini, l’une des deux mamans pétitionnaires, déplore aussi la suppression de certaines haltes, le matin notamment. «L’arrêt de 7h49 à Sonzier ayant été supprimé, mon fils est contraint de marcher 25 minutes à pied jusqu’à Chernex pour aller prendre le train, afin de rallier le gymnase de Burier.»

Des quotidiens impactés que la pétition résume en une phrase: «Tous les jeunes et enfants des hauts subissent une perte d’autonomie importante pour se rendre à leur lieu de formation ainsi qu’à leurs loisirs.» À cela s’ajoute un sentiment d’incohérence, dans une zone où le train est la seule alternative à la voiture. «On encourage le recours à la mobilité durable, mais ces changements vont à l’encontre de cet objectif», dit Elena Mugellini.

Silence pointé du doigt

L’habitante regrette enfin le «manque de communication» du MOB sur cette modification importante. «Lors de travaux réalisés sur les voies, les habitants sont systématiquement informés par courrier, mais ce changement d’horaires a été décidé sans annonce préalable!» 

Du côté de la Municipalité de Montreux, on tique aussi. «Nous n’avons pas été informés de cette réduction d’offre lors de la consultation publique en juin, et l’avons découverte seulement quelques semaines avant la mise en service, informe le municipal Florian Chiaradia. À ce stade, le Canton et le MOB n’ont pas souhaité donner suite à nos demandes d’amélioration de cadences, mais nous comptons bien poursuivre ces discussions.»

Une fréquentation insuffisante

Contacté, le directeur du MOB Yves Marclay justifie ces changements: «La fréquentation de certains trains sur la ligne R34 entre Les Avants et Château-d’Oex était très faible selon les périodes de la journée.» Ce qui a conduit à la baisse du taux de couverture (part des coûts d’exploitation qui sont couverts par les recettes de transports). «Ce taux était trop bas pour pouvoir bénéficier d’un financement fédéral en plus du financement cantonal», poursuit le responsable. Des facteurs qui ont donc poussé la compagnie à «adapter une partie de l’offre à certaines heures, mais à maintenir celle-ci à des horaires clés».

Un retour en arrière est-il envisageable, comme le réclame la pétition? «En tenant compte de la fréquentation, des moyens disponibles et du matériel roulant, le MOB et la Direction générale de la mobilité et des routes (DGMR) sont en train d’étudier des solutions ciblées et finançables pour les périodes d’horaires 2027-2028», répond Yves Marclay.

Quant au manque de communication reproché, l’entreprise évoque une «situation particulière». «Le MOB et la DGMR ont travaillé jusqu’au dernier délai de publication pour identifier les meilleures variantes possibles. Cela a réduit la marge habituelle pour la communication en amont.»