
Les trois Conseillers d’État PLR sortants (de g. à dr.: C. Luisier Brodard, F. Borloz et I. Moret) annoncent vouloir rempiler pour un mandat de 5 ans, sous réserve de leur désignation par le congrès de leur parti. Photo: A. Capel
À moins de neuf mois du premier tour de l’élection au Conseil d’État vaudois, les trois PLR sortants ont répondu aux questions des médias membres de Vaud Presse. Christelle Luisier Brodard, Isabelle Moret et Frédéric Borloz briguent chacun un second mandat, sous réserve de leur désignation par le congrès de leur parti.
Vous sollicitez un nouveau mandat au Conseil d’État. Hormis l’attachement à votre fonction, qu’est-ce qui vous motive concrètement à repartir pour cinq années supplémentaires ?
– Frédéric Borloz: Diriger un département comme le mien, c’est travailler sur de nombreux projets à long terme qui ne seront pas terminés dans un an, en fin de législature. Il est pour moi motivant d’envisager que je puisse poursuivre des chantiers comme la redéfinition des exigences scolaires, la défense des compétence fondamentales, les besoins spécifiques des élèves sans oublier le soutien à la classe et à l’enseignant lorsque c’est nécessaire, ou encore une conception harmonisée du passage de la fin de la scolarité obligatoire au gymnase et aux formations professionnelles.
– Christelle Luisier Brodard: Rien ne me tient plus à cœur que de faire avancer notre canton. Si je me représente, c’est par conviction. Ayant grandi dans un café de quartier à Payerne, mes parents m’ont transmis des valeurs fortes. Je crois à la liberté d’entreprendre, à la responsabilité, à un État qui fait confiance plutôt qu’il ne contraint: ces valeurs me portent depuis le premier jour. La législature a été agitée, et nos réalisations ont parfois été éclipsées par l’actualité. Mais les résultats sont là, de nombreux chantiers sont en cours, et je souhaite les mener à terme. Être conseillère d’État, pour moi, ce n’est pas occuper une fonction: c’est servir un canton auquel je crois profondément.
– Isabelle Moret: Ma volonté est de poursuivre mon engagement en faveur d’un canton prospère et innovant. Vaud forme avec Genève le second poumon économique de la Suisse. Il doit absolument le rester. Notre responsabilité est d’assurer des conditions favorables à la création d’emplois, à l’innovation et aux investissements sur sol vaudois. Toutes nos actions lancées ces quatre dernières années vont dans le même sens: celui de favoriser la compétitivité de nos entreprises. Une entreprise saine, ce sont des emplois assurés, c’est du pouvoir d’achat. Nous avons étoffé les mesures d’attractivité en faveur des entreprises vaudoises, lancé un plan pour soutenir la relève de la main d’œuvre, développé une stratégie industrielle, élaboré des programmes de retour à l’emploi. Mais le travail n’est pas fini, surtout dans un contexte géopolitique aussi agité.
Quelle décision prise durant cette législature a eu, selon vous, l’impact le plus concret sur la vie quotidienne des Vaudois ?
– F. B.: Ma réponse spontanée, à l’échelle de mon département, est de tout faire pour avoir le meilleur système de formation possible, d’avoir le meilleur niveau possible. Les récents résultats vaudois dans une enquête nationale montrent que nous sommes sur le bon chemin. Sinon, je pense aussi l’importance du lien entre l’école et les familles. Nous avons pris en 2024 la décision de créer des congés joker octroyables de manière simple et sans motif. Un autre projet est en test dans des établissements: une application permettant de faciliter la communication entre l’école et les parents.
– C. L. B.: Sans hésiter, les baisses d’impôts que nous avons menées: 345 millions de francs rendus aux personnes physiques, et en premier lieu à la classe moyenne. Dans cet ordre de grandeur, c’est du jamais vu. C’est le plan porté par le Conseil d’État. Ce que l’on annonce, on le réalise, et pour une famille, à la fin du mois, cela compte. J’aimerais également citer autre chose: le sport. Avec notre nouvelle politique sportive, nous avons dégagé 150 millions de francs sur six ans pour les infrastructures, et renforcé le soutien au sport scolaire comme à celui de nos aînés. Derrière ces chiffres, il y a des milliers de clubs et d’associations avec des bénévoles qui, chaque semaine, font vivre toute une vie locale. C’est un lien social irremplaçable qui me tient à cœur.
– I. M.: Les baisses fiscales ciblées pour la classe moyenne. Concrètement, c’est ce qui reste à la fin du mois dans le porte-monnaie des familles vaudoises. J’y ajoute notre action pour l’emploi. La meilleure politique sociale, c’est une place de travail. Tous les programmes déployés en faveur des jeunes, des femmes et des seniors ainsi que les mesures ciblées pour les entreprises vaudoises ont un effet direct et durable sur la vie de gens. N’oublions pas les 900 millions d’investissement en faveur des infrastructures de demain, notamment pour les gymnasiens et les écoles professionnelles du canton.
Quels sont les grands défis que le canton devra absolument relever lors de la prochaine législature, et quel rôle entendez-vous y jouer personnellement?
– F. B.: Je partage avec mes deux collègues l’attention portée aux enjeux financiers, au pouvoir d’achat, aux infrastructures, ou encore à une administration plus fluide et efficiente. Dans mon domaine, le projet phare, déjà bien engagé, sera la refonte de la fin de l’école obligatoire pour une harmonisation avec l’introduction de la maturité en quatre ans. Il y a encore quelques années de travail et de processus mais c’est un chantier passionnant car il offre l’occasion de repenser différents aspects de l’école obligatoire et postobligatoire, de corriger ce qui doit l’être, de mettre le projet de formation de l’élève au centre.
– C. L. B.: Le 14 juin, en rejetant l’initiative Pas de Suisse à 10 millions, la population nous a fait confiance, mais a exprimé ses inquiétudes. Cela nous oblige à agir. Pour moi, cela commence avec le logement. Avec notre Vision logement, nous voulons construire davantage tout en préservant la qualité de vie. Il faut accompagner le développement, sans dénaturer notre cadre de vie. Soutenir notre économie ensuite, pour rester attractifs et créer des emplois. Préserver aussi notre identité et notre sécurité, ce qui fait qu’on se sent bien ici. Tout cela suppose des finances maîtrisées, sans quoi rien n’est possible: améliorer l’efficience de l’État et contenir la croissance des charges en sont les clés.
– I. M: Nous avons plusieurs défis à relever, à commencer par la maîtrise des charges qui va de pair avec un État plus efficient. À titre personnel, je défends des conditions favorables au maintien et à la création d’emploi sur sol vaudois, ce qui implique notamment une fiscalité allégée, mais aussi des procédures simplifiées. En clair, moins de bureaucratie. Autre grand défi, c’est la relève: il nous manquera des dizaines de milliers de professionnels qualifiés dans les dix ans dans des domaines aussi importants que la santé, l’industrie et la technologie. D’où l’importance de bien former nos jeunes et de miser sur la formation continue tout au long de la vie. Ce qui nous ramène à la défense de la compétitivité du canton de Vaud, et donc de sa capacité à rester innovants et ouverts sur le monde, vu qu’une part importante de sa production part à l’exportation. Mon rôle est de soutenir l’économie, l’innovation et l’emploi, et de contribuer avec mes collègues à faire du Canton, une place où l’on a envie d’investir et de travailler.
Vous avez choisi de vous exprimer pour vos candidatures via les médias membres de Vaud Presse. Comment le Canton entend-il soutenir ces médias de proximité à l'avenir ?
- Christelle Luisier Brodard: Les journaux locaux incarnent la proximité même: le premier lien social dans les villages et les districts. C'est tout naturellement que nous avons fait ce choix, pour nous adresser aux Vaudoises et aux Vaudois directement chez eux. Durant cette législature, le Conseil d'État a activement soutenu la diversité de la presse locale vaudoise, à travers de nombreuses mesures, notamment des projets à destination des jeunes. Les résultats étant satisfaisants, nous avons proposé de renouveler ce soutien pour les cinq prochaines années: il nous tient à cœur d’accompagner la presse locale dans sa transition, et de préserver cette diversité médiatique si précieuse pour le canton de Vaud, si vitale pour notre débat démocratique.
