Le plus illustre des Boyards aura des jardins à son nom

Les sculptures d’André Raboud ont leurs habitudes en plein air (ici en 2009 à Vevey).  | Chantal Dervey/archive

Ollon
Au fil des années, la Commune a développé un lien fort avec le sculpteur André Raboud et vice-versa. Un parc permanent d’une dizaine de ses grandes œuvres est en préparation au centre du village.

La Commune d’Ollon entend lier pour l’éternité son nom à celui de son résident le plus renommé. Pour ce faire, elle planifie des «Jardins André Raboud», soit une dizaine d’œuvres monumentales en granit tirées de la collection privée de l’artiste, un musée à ciel ouvert dans un lieu qui reste à convenir. «Au début, ils proposaient de les appeler les «Jardins à Dédé», se marre le sculpteur de Saint-Triphon, mais j’ai trouvé un peu familier quand même.»

Il n’empêche, en 40 ans de vie sur sol communal, le Français d’origine, qui a grandi à Monthey, a noué une relation très étroite avec les autorités locales et sa population. «C’est sûr que je resterai ici jusqu’à mon dernier souffle, ajoute-t-il comme une évidence. D’ailleurs, les quelques œuvres installées dans mon jardin y resteront aussi.»

Des marques d’estime

La Commune a déjà fait la démonstration ces dernières années de sa fierté de compter parmi ses concitoyens le sculpteur qui a essaimé dans le monde entier avec ses créations, petites ou immenses, sur le domaine public, dans les collections privées ou les musées les plus prestigieux.

Elle lui commande notamment la récompense remise aux bénéficiaires du Mérite boyard, qui distingue les plus méritants d’Ollon. Il l’a reçu lui-même en grande pompe en 2019 pour ses 70 ans et 50 ans de carrière. «J’avais dit à Patrick (ndlr: Turrian, le syndic) qu’il n’allait tout de même pas me remettre une de mes propres œuvres! Il m’a demandé ce que je voulais et on a réglé ça avec quelques bouteilles de pinard», lance ce grand amateur de vin. La même année 2019, il avait mis à disposition trois œuvres qui campent toujours dans les jardins de l’Hôtel de Ville. «Quand je passe avec mon petit-fils, il dit que c’est à Pépé.»

Présent partout

D’autres créations de l’artiste sont déjà présentes sur le domaine public boyard et dans de très nombreuses communes de Suisse romande (Sierre, Sion, Martigny, Monthey et Montreux notamment).

Les automobilistes en croisent une quotidiennement dans le rond-point de sortie de la commune vers Bex et Monthey, sans compter celle aux accents celtiques qui a pris place à côté de la tour de Saint-Triphon. «C’est comme si elle était là depuis toujours», ajoute Patrick Turrian, à l’origine de l’initiative des Jardins à venir.

Gagnant-gagnant

L’édile aimerait les voir se concrétiser pour l’automne prochain. «Ce serait une opération gagnant-gagnant avec la mise en valeur du travail de notre artiste boyard internationalement connu et la possibilité pour la population d’en profiter en mettant un peu d’art et de culture en plus au cœur du village.»

André Raboud ne cache pas sa fierté. «En toute modestie, je suis très content de ça, pas par souci d’éternité, mais parce que j’ai mis tellement de labeur dans ces œuvres, j’y ai trouvé tellement de bonheur, que je suis content de pouvoir me dire que tout le monde pourra les admirer et les toucher.»

Le sculpteur y voit également un avantage. «Je commence à envisager la suite, que mes œuvres trouvent leur place, histoire de pouvoir décharger mes filles de cette responsabilité.»

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