Le soir où le ski a failli disparaître des Pléiades

Blonay-Saint-Légier
Au Conseil communal, les élus votaient sur un crédit de 500’000 francs pour réparer le télésiège. Très fâchés par ce dossier, certains étaient prêts à mettre le domaine à l’arrêt.

Le domaine skiable des Pléiades a eu très chaud. Et pas seulement à cause du redoux que l’on connaît. Mardi soir dernier, le Conseil communal de Blonay-Saint-Légier était appelé à se prononcer sur un montant de 395’000 francs. Une enveloppe destinée à remettre à niveau le télésiège des Motalles.


Datant de 2004, cette remontée mécanique est considérée comme la colonne vertébrale du petit domaine. Or, son armoire électrique est dans un état jugé «critique». À chaque fois qu’elle est mise hors tension, il y a un risque de ne pas pouvoir redémarrer la machine. Il est donc nécessaire de la remplacer.
Facture augmentée


Pour POMA, l’entreprise française retenue par la Coopérative des Pléiades pour réaliser cette opération, la seule fenêtre proche pour réaliser ces travaux était 2026. «Si ce créneau ne peut être validé, le prochain délai disponible sera repoussé à 2028», avertissait l’Exécutif. En clair: en cas de refus ce soir-là, il n’y aurait pas de ski alpin pour au moins deux saisons hivernales aux Pléiades. Avec le risque que la clientèle d’habitués se tourne vers d’autres paradis blancs.


Déjà chiffonnés de devoir voter avec un bâton de ski sous la gorge, les élus de tous bords se sont véritablement fâchés lorsque la Municipalité leur a fait savoir que la facture allait encore grimper. D’après la société POMA, impossible en effet de changer l’armoire électrique sans mettre à niveau la centrale hydraulique des freins. Une annonce surprise que le constructeur a faite le 17 février dernier, et qui augmente l’enveloppe de 95’000 francs.


«L’agence La Bricole!»
«Je vais être cru, mais ce dossier, c’est l’agence La Bricole!», a tonné Eric Boraley de l’Union Citoyenne. Le socialiste Giuseppe Singarella a de son côté déploré les surprises qui jalonnent ce projet, discuté depuis plusieurs mois. «Pourquoi, au fur et à mesure qu’on avance, on découvre de nouvelles choses?» Gérald Gygli, municipal chargé du dossier et président de la coopérative, a assuré qu’il n’était pas moins énervé par cette situation.


Certains élus ont même appelé à refuser cette enveloppe de 490’000 francs, suspendant de facto la pratique du ski alpin. Le PLR Christoph Stoeri a tenté de les raisonner. «Dire non à ce crédit, c’est abandonner cette activité en sachant que les installations n’en sont qu’à la moitié de leur vie. C’est comme si, sur votre voiture âgée de cinq ans, votre garagiste trouve des pièces à changer et que vous décidez de déposer votre permis.»


Après une heure de discussions, c’est à bulletins secrets que le sort du télésiège des Motalles s’est joué. Par 41 voix contre 21, le Conseil communal a finalement accepté l’enveloppe financière pour ces réparations. Le ski va donc se poursuivre aux Pléiades, pour autant que la neige soit au rendez-vous. La Municipalité annonce d’ailleurs le lancement d’une étude stratégique «quatre saisons».