Le son épique du roi Duncan

Verve pop et synthé barré: Boris Degex, Coralie Vollichard et Paul Berrocal (de g. à d.) narrent des combats ordinaires .  | A. Frager

Vevey
Après son premier EP, le groupe «Don’t Kill Duncan» récidive avec «Here/Everywhere». À déguster dès le 15 mai sur les plateformes d’écoute.

«Parler de la fin du monde, ça passe mieux sur des rythmes pop!» Peu avant le concert, le chanteur et guitariste Paul Berrocal donne le ton. Comme une dragée couleur lavande, lui et ses deux acolytes croquent la mélancolie pour mieux déjouer la déprime.

Abordant des thèmes intimes, comme l’enfance, la rupture amoureuse ou la mort, «Don’t Kill Duncan» propose à son public une bonne dose pop pour s’élancer dans les airs. Avec une quinzaine de compositions à son répertoire, ce trio veveysan fondé en 2018 s’apprête à sortir un nouvel EP. De quoi partir à l’assaut des scènes, clubs et théâtres de Suisse et d’ailleurs.

Épopée musicale

Avec des cordes qui claquent et des voix qui percent les nappes sonores, «Don’t Kill Duncan» a fait trembler les murs du Rocking Chair (RKC) jeudi dernier lors d’un concert de fin de résidence. Harmonies épurées, transitions fluides: le groupe a mis à profit les conseils de son label Château pop. 

«Je leur ai suggéré quelques conseils d’arrangements et de production et je suis très content, car je vois la différence! Leur set a désormais une bien meilleure assise et un très bon son», explique le fondateur du label Mathieu Rohrer.

Si leurs compositions procèdent d’une recherche d’harmonies mélodiques et chorales où les voix et les sons s’entrelacent, «l’aspect héroïque des titres se perçoit notamment dans l’ampleur donnée aux chœurs», ajoute le percussionniste Boris Degex. 

Avec l’envie commune de tester un concept électro, armés de leurs seules voix, de guitares et de percussions électroniques, les trois acolytes décident de se baptiser «Don’t Kill Duncan». Un hommage à «Macbeth» de William Shakespeare, tel un clin d’œil à leur amour respectif de la scène, teintant leurs compositions d’une certaine dramaturgie.

Comédiens et musiciens

En habitués de la scène, le trac reste palpable à quelques minutes du concert. «La musique, c’est plus intime, donc je stresse plus que d’habitude», commente Boris Degex. «Moi, c’est l’inverse, j’ai bien moins peur», réagit son comparse Paul Berrocal. «Sur scène, je me sens légitime, c’est mon métier», glisse quant à elle Coralie Vollichard. 

Si le monde entier est un théâtre – à en croire Shakespeare – Boris, Paul et Coralie mettent à profit leurs multiples facettes artistiques. Ayant tous les trois suivi une formation en art dramatique entre Genève et Lausanne, c’est grâce à ce petit réseau qu’ils se sont connus et que l’idée de former un groupe a germé. 

Alliant théâtre et musique, ils créent le spectacle pluridisciplinaire «Band(e) à part» en 2021 au Théâtre Le Reflet à Vevey. Une pièce qui suit les péripéties d’un groupe de musique fictif, mais avec les vraies compositions de «Don’t Kill Duncan». La saison prochaine, ce spectacle sera d’ailleurs en tournée en Suisse romande. En outre, des dates de concert sont attendues dès cet automne.

www.mx3.ch/dontkillduncan

 

GALERIE