Le sort des arbres de la place du Marché suscite l’émoi populaire

Dans le cadre du réaménagement de la Grande Place, deux platanes ont été abattus à côté du Château de l’Aile.  | L. Menétrey

Vevey
Dans le cadre du réaménagement de la Grande Place, des abattages ont été effectués récemment. Bien que prévus, la découverte de la coupe de deux platanes centenaires a suscité de vives réactions.

On peut le dire: les Veveysans et les arbres de la place du Marché, c’est toute une histoire. De l’abattage controversé de 1999, lors de la Fête des Vignerons, à la pétition en 2022 pour sauver le cèdre pleureur situé au sud de la place, chaque intervention sur ce patrimoine végétal provoque des réactions émotionnelles. «C’est une question particulièrement sensible ici, qui transcende les opinions politiques. À droite comme à gauche, les arbres ont une symbolique forte et les gens y sont attachés», relève Marc Bertholet,
conseiller communal décroissance alternatives.

À l’heure du réaménagement de la Grande Place – débuté en novembre dernier pour une durée de trois ans environ – deux platanes situés devant le Château de l’Aile sont tombés sous les coups d’une tronçonneuse. Les réactions vives de plusieurs riverains n’ont pas tardé. «Nous étions beaucoup à être dans l’incompréhension», raconte le Veveysan devenu Boéland récemment,Cédric Cramatte. L’archéologue n’a pas hésité à partager son désarroi sur les réseaux sociaux. «Il faudra attendre 20 ans pour que de nouveaux platanes puissent atteindre cette taille.»

Préservation impossible

La coupe était pourtant bel et bien prévue dans le projet validé par le Conseil communal en 2022, et répondait à des contraintes techniques. La pose de canalisations d’eau, de plus grand diamètre, rendait impossible la préservation des platanes et de leur système racinaire. «Le processus standard a été suivi, avec mise à l’enquête, comme pour tout autre abattage», souligne Vincent Imhof, municipal chargé des espaces verts.

Sur la forme, l’édile admet qu’une communication complémentaire sur place aurait été souhaitable. «Nous aurions dû communiquer clairement cette information en amont, avec des panneaux. À l’avenir, ce sera fait.» «C’est le rôle de la Municipalité de prévenir la population, surtout au vu de la sensibilité du sujet», ajoute Marc Bertholet.

Mais depuis, la tension est redescendue, le municipal s’étant entretenu avec Cédric Cramatte. «Aujourd’hui, je comprends les tenants et les aboutissants. Il y a une vraie réflexion et un réel effort», concède l’archéologue.

Quatre arbres «sauvés»

Désormais, la question des prochains abattages se pose, notamment ceux de deux merisiers situés à l’extrémité de la place. Si le projet prévoyait initialement l’abattage de dix arbres, le nombre a été revu à la baisse. Seulement six, dont ces deux platanes, sont désormais concernés, en raison de réévaluations entreprises à la suite de ces critiques.

Les quatre arbres restants seront coupés lors de la troisième phase du chantier. À l’est, la future terrasse et ses escaliers sont aussi incompatibles avec le système racinaire du platane. En face, devant le restaurant Le Bla Bla, un autre sera abattu pour permettre l’installation d’un local électrique souterrain. Quant aux deux merisiers au sud, ils subiront le même sort, leurs couronnes étant jugées trop petites. Ils seront remplacés par des hautes tiges à couronnes plus imposantes.

Ces coupes sont à prendre en compte dans l’ensemble du projet. Au total plus d’une soixantaine d’arbres d’essences diverses vont être plantés pour végétaliser la place et lutter contre les îlots de chaleur. «Les essences sélectionnées ont été choisies pour offrir une canopée et des zones d’ombre importantes, ainsi que pour leur adaptation et résistance au changement climatique», note Vincent Imhof. Ce dernier rappelle qu’au cours de la présente législature, 151 arbres malades ou secs ont dû être abattus sur le domaine public et 301 nouveaux ont été plantés.