
«Il ne nous reste plus que la joie de suivre ça: la protection et la création du parc», se réjouit Marianne Lipari, la présidente de l’Association pour la sauvegarde des Grands-Prés (ASGP). Le projet de construction immobilière sur le site étant définitivement enterré, le dossier pourrait s’accélérer, puisque la Commune a 15 mois pour mettre en oeuvre l’initiative populaire largement acceptée en juin 2023.
Sans attendre la décision rendue mercredi dernier par le Tribunal fédéral (TF), l’Exécutif a déjà élaboré l’an passé un projet de plan d’affectation destiné à classer le site en zone de verdure. Soumis en consultation auprès de l’association, qui l’a accepté, il a aussi été déposé au Canton, indique le municipal chargé de l’urbanisme Caleb Walther. Reste encore «un paradoxe» à régler: le chemin routier de la colline, qui aurait été prévu ailleurs et sera finalement conservé.
Quant à la conception arborisée de cet espace naturel public, elle n’est pas encore concoctée. Les étapes de l’ensemble du projet devraient également passer par une mise à l’enquête, ainsi qu’un préavis au Conseil communal. Le Parc des Grands-Prés devrait pouvoir être réalisé d’ici à la fin de la législature, espère le municipal Caleb Walther.
Juges très critiques
Dans son arrêt, le TF n’as pas manqué de souligner l’importance de cette parcelle de 2,5 hectares «renfermant une série de valeurs naturelles, à l’instar d’arbres majeurs, de vergers et de prairies, constituant un terrain propice pour les petits animaux et située à proximité d’un corridor à faune dans le réseau écologique vaudois». Les juges «s’étonnent» d’ailleurs qu’elle ait été maintenue constructible, alors que la Commune se trouvait dans un contexte juridique «de surdimensionnement notoire» de sa zone à bâtir.
Ceci constituait une modification sensible des circonstances de la planification, de même que le lancement de la votation populaire: «En délivrant l’autorisation de construire après avoir pourtant validé l’initiative, la Municipalité a pris le risque de vider celle-ci de toute substance.» Et ce, «en violation d’un intérêt public important lié à la mise en oeuvre des règles démocratiques à l’échelle communale», tance le TF.
Climat apaisé
«C’est une victoire majeure pour la protection du paysage, la biodiversité et la démocratie locale», se félicite Vera Weber, la présidente d’Helvetia Nostra, qui avait fait recours contre le permis de construire. De leur côté, les deux sociétés de promotion immobilière impliquées n’ont pas réagi publiquement à cette décision de justice.
Sur le terrain, le climat semble aujourd’hui apaisé. Si l’ASGP continue à s’assurer du suivi, elle est systématiquement consultée par la Commune, «qui a joué le jeu», et le travail se fait dans un très bon esprit de collaboration, relève encore Marianne Lipari.
