
Les actions sur le terrain, à l’image de celles qui sont réalisées par l’association Narcisses Riviera, contribuent à sauvegarder la délicate «neige de mai» | Narcisses Riviera
Le travail était fastidieux, mais ses résultats sont précieux: on en sait désormais davantage sur l’évolution de la population de narcisses sur le territoire de Blonay-Saint-Légier. L’an dernier, la Commune a fait réaliser un inventaire de la délicate liliacée. C’est le bureau Asca Environnement, basé à Mézières, qui s’est chargé de passer 680 hectares de prairies au peigne fin durant le printemps 2025. Soit l’équivalent de 970 terrains de foot. Une démarche qui permet de faire la comparaison avec un recensement similaire réalisé en 1998.
Première nouvelle, et plutôt bonne: d’un point de vue général, les narcisses se portent «relativement bien», lit-on dans les conclusions de l’étude. En 30 ans, «des secteurs ont décliné, mais d’autres ont vu leurs populations s’accroître.» Ainsi, la «neige de mai» est restée stable, voire serait en augmentation sur le flanc nord des Pléiades et dans les alpages. «Plus de 60% des narcisses trouvés se situent au sein de ces derniers.» L’arrivée tardive du bétail et une «gestion agricole plus durable» pourraient avoir un impact positif.
Autre type de surface où la plante se plaît également: les prairies dites «extensives», c’est-à-dire non fertilisées.
Constructions en cause
En revanche, la fleur est en régression sur le versant sud de la montagne. «De vastes secteurs ont été perdus plus bas en altitude», relève le rapport. Parmi les causes de ce recul, l’augmentation des constructions. «La densification, notamment dans les secteurs des Chevalleyres et de Vers-chez-Cochard, a eu pour conséquence d’y voir pratiquement disparaître les narcisses», relèvent les biologistes.
Autres facteurs évoqués: des changements de pratique concernant la gestion des surfaces agricoles et les jardins privés. «Le réchauffement climatique accroît encore probablement la pression sur l’espèce.» Cette dernière ne se trouverait vraiment bien qu’au-dessus de 1’000 mètres d’altitude.
«Pas trop tard pour agir»
Pour autant, le bureau environnemental veut rester optimiste. Il rappelle que les plus grosses pertes sont survenues dans la période d’après-guerre, en lien avec la mécanisation des pratiques agricoles. «Ce déclin semble s’être ralenti ces 30 dernières années, ce qui est réjouissant.» Et de conclure. «Localement, l’augmentation de l’abondance de l’espèce ou sa réapparition dans certaines prairies démontrent qu’il n’est pas trop tard pour agir. La mise en place d’une gestion adaptée des herbages permet de voir à nouveau fleurir la neige de mai!»
Forte de cette nouvelle cartographie, la Commune de Blonay-Saint-Légier annonce «qu’elle poursuivra sa collaboration avec le Canton, afin de définir et mettre en œuvre des mesures de protections adaptées, qui viendront compléter les initiatives déjà portées localement».
Inventaire très attendu
À ce titre d’ailleurs, l’Association Narcisses Riviera ne ménage pas ses efforts pour sauvegarder sa protégée. Transplantations de bulbes, sessions estivales de foins à la faux ou encore stands d’information: autant d’actions menées depuis sa création en 1999.
«Nous sommes heureux qu’un nouvel inventaire ait été réalisé, réagit son président Eric Monachon. Nous l’attendions depuis longtemps!» Contacté vendredi, le responsable n’avait pas encore pris connaissance en détail du résultat de l’étude. «On peut s’attendre à ce que, sur la base de cet inventaire, des agriculteurs soient contactés par la Commune», conclut-il.
