«Les poêles en faïence sont redevenus à la mode»

José Berdoz dans son salon avec un des poêles qu’il a restaurés.  | C. Jenny

Artisanat
José Berdoz est un retraité qui consacre beaucoup de temps à cultiver une passion pour le moins originale: la restauration de poêles. Établi à Chernex, il se rend souvent dans son autre demeure d’Estavayer où il expose une riche collection.

Ils ne sont plus qu’une demi-douzaine en Suisse à exercer cet art particulier issu des mains d’un poêlier. José Berdoz est l’un d’entre eux. À l’heure de la retraite anticipée, ce chimiste de formation s’est demandé quelle activité il pourrait désormais pratiquer. Il décide de se lancer dans la restauration de poêles anciens.

«Ce type d’artisanat me plaît beaucoup. Et ce qui est d’autant plus intéressant, c’est que mes connaissances de chimiste me sont très utiles dans cet exercice!», se réjouit-il avant de nous faire découvrir son local d’exposition. On retrouve ainsi plusieurs dizaines de pièces du XIXe et du début du XXe siècle au sein de sa maison staviacoise.

Une centaine de pièces à son actif

La démarche du poêlier consiste à perpétuer des gestes anciens «pour maîtriser la chaleur et la faire circuler, en maintenant en vie l’héritage de la faïence et avec la volonté absolue de faire dans la perfection». À l’affût de chaque pièce rare, il confie en «avoir acheté un peu partout» même si cela devient difficile, «les belles pièces sur le marché se faisant de plus en plus rares actuellement».

Au total, ce Montreusien en a restauré une bonne centaine, dont la plupart datent du XIXe siècle. «Une fois la restauration terminée, je vais moi-même chez le client pour installer le poêle et le connecter à une cheminée conforme à la réglementation. Cette dernière par contre est montée par un fumiste spécialisé», précise José Berdoz.

Il effectue ensuite la mise en route du poêle avec le client et le familiarise au fonctionnement. «Tous ces poêles anciens répondent aux exigences de l’Ordonnance sur la protection de l’air, relève encore l’artisan. Une vignette de conformité apposée sur ces derniers en atteste.»

Certaines pièces spécifiques demandant de nombreuses heures de travail, leur prix d’achat peut donc passablement varier. Comptez plusieurs dizaines de milliers de francs pour les plus rares. Mais pas de quoi réfréner sa clientèle. «Les poêles en faïence sont redevenus à la mode, confirme-t-il. Comme simple décoration dans un salon ou plus souvent comme instrument de chauffage, soit au bois ou avec des briquettes de bois longue durée.» 

Jusqu’à 80 °C

Certaines de ces pièces ont une dimension imposante – jusqu’à 3,5 mètres de hauteur – et pèsent plusieurs centaines de kilos. Lorsque José Berdoz entame une rénovation sur commande, il démonte le tout, change les pierres réfractaires et restaure les faïences. Cette dernière étape nécessite une excellente maîtrise des couleurs. Au-delà de l’aspect esthétique, elles doivent surtout être résistantes à la chaleur rayonnante du poêle. Le thermomètre est en général proche de 80 °C.

«Les poêles en faïence sont généralement des poêles à accumulation, aussi appelés poêles à inertie», explique José Berdoz. L’énergie d’une flambée est tout d’abord stockée dans la masse du poêle, puis elle est restituée régulièrement et progressivement sur une longue durée.

«Cette restitution se fait par rayonnement infrarouge, peu par convection, ce qui se traduit par une émission de chaleur douce et homogène, par l’absence de déplacement de poussières, ainsi que par un air ambiant non-desséché», conclut l’artisan. Un argument de taille pour certains acheteurs qui y voient un bon moyen de recourir à un chauffage écologique.

Plus d’infos: poeles-en-faience-anciens.com

GALERIE