
À 29 ans, Marine Nicol s’apprête à défendre son titre à l’autre bout du monde. Elle s’est envolée pour le Japon afin d’y affronter Mona Kimura. | DR
Quelques jours avant son départ, Marine Nicol peaufine les derniers gestes au No Limit Squad, son club de Montreux, où l’on peut pratiquer différentes sortes de boxe. Les murs y sont constellés de couronnes et de médailles.
Née dans le sud de la France, mais en Suisse depuis trois ans, Marine, nous parle de son sport avec une passion mêlée de tendresse. «Dans la vie, aux antipodes d’une méchante agressive, je suis une jeune femme polie, gentille, respectueuse. Mais sur le ring, j’aime performer!» Performer, justement, elle sait plutôt bien le faire. Elle est la tenante du titre de championne du monde de kick-boxing de sa catégorie. Un succès décroché l’an dernier à Hull en Angleterre.
Une fois les gants enfilés, la jeune femme peut devenir impitoyable. «Sur le ring, on est en permanence en situation de danger. Il y a beaucoup d’adrénaline et pas d’échappatoire. Les erreurs ne pardonnent pas, tout se passe dans les regards entre les deux combattantes», précise-t-elle.
Forte d’un palmarès de 26 victoires pour 6 défaites dont une par KO, elle affrontera le 12 septembre, dans son fief de Tokyo, la Japonaise Mona Kimura (25 ans), invaincue jusqu’ici, surnommée la «Barbie la plus dangereuse du Japon», en raison de sa chevelure peroxydée. «Elle est très connue là-bas, relève Marine Nicol. C’est une athlète qui possède notamment un redoutable sidekick, à savoir un coup de pied latéral. Moi, mon style est plutôt virevoltant, beaucoup de coups de pied rapides issus de la savate française.»
Au coeur de l’arène
Au Yoyogi Stadium, chacun de leurs coups seront suivis de près par environ 2’000 spectateurs. À quelques pas du Palais impérial, ils assisteront à une quinzaine de combats de niveau international, dont ce duel Kimura-Nicol.
Cette dernière sera accompagnée par Jérôme Pittet, son entraîneur, et Quentin, son soigneur de mari. «On s’est rencontrés à 14 ans et on ne s’est plus quittés», détaille la Française. Le pays du soleil levant, elle le connaît bien pour y avoir séjourné cinq fois. «À la fois rigoureux et très accueillants, les Japonais cherchent toujours à vous aider. Mais dans une salle de sport, de baseball, de sumo ou de kick-boxing, ils se lâchent. Ce public devient très bruyant et crée une ambiance indescriptible.»
La championne se réjouit tout particulièrement d’effectuer son entrée dans l’arène sous les flashes et les cris des spectateurs, un moment indissociable des sports de combat. «On appelle ça le cat walk. Sous les projecteurs, on a l’impression d’être une star, c’est une sorte d’ego trip.»
Moisson de ceintures
Dans sa vie, les sports de combat ont marqué un tournant, une forme d’exutoire. «Mon enfance, je l’ai passée dans un milieu violent. Après la danse et l’équitation, j’ai intégré à 11 ans un club de savate française à Marseille où j’étais la seule fille. Je n’ai ensuite plus jamais arrêté, explique Marine Nicol. La boxe m’a appris à me contrôler, me responsabiliser, à être maître de moi-même, car sur un ring vous êtes seul.»
Avec Quentin, ils ont quitté très tôt cette France au climat qu’elle qualifie de «malsain et agressif». Ils ont vécu à Malte et à l’Île Maurice «où les montagnes et l’hiver m’ont manqué». Aujourd’hui, elle se sent bien ici au bord du lac. «J’aime le cadre de vie, la nature.» Lors de son titre en Angleterre, elle a ressenti une grande fierté en soulevant le drapeau suisse, son pays d’adoption.
Ce samedi, elle espère rééditer son exploit. Et elle ne compte pas s’arrêter là. «Mon avenir sportif? Mon intention est de ramener autant de ceintures que possible au No Limit Squad.» Une athlète qui semble avoir trouvé un club adapté à ses ambitions: aucune limite!
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